Maintenant armés, les contrôleurs routiers reprennent progressivement les patrouilles
Ils ont maintenant le droit de porter une arme à feu, après avoir suivi une formation à l'école de police..
Les contrôleurs routiers du Québec ont repris progressivement leurs patrouilles sur certaines routes depuis le mercredi 20 août 2025, après une suspension de 19 mois. Cette reprise s’effectue d’abord dans la région du Bas-Saint-Laurent, entre Saint-Anne-des-Monts à l’est et Matapédia au sud. Les patrouilles seront étendues à d’autres régions comme la Montérégie et la Capitale-Nationale d’ici la fin de l’année, avec l’objectif de couvrir l’ensemble du réseau routier québécois d’ici 2027. Un cinquième des 250 contrôleurs routiers, soit environ 50 agents, devraient être de retour sur le terrain d’ici la fin 2025. Cette reprise s’inscrit dans un contexte où les contrôleurs routiers ont obtenu le droit de porter une arme à feu, après avoir suivi une formation spécifique de deux semaines à l’École nationale de police du Québec (ENPQ).
Les contrôleurs routiers sont désormais autorisés à porter une arme à feu, une mesure réclamée depuis plus de quarante ans par leur syndicat, la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), présidée par Jean-Claude Daignault. Cette décision fait suite à des agressions répétées contre les agents, qui interviennent chaque année sur environ 100 000 véhicules, notamment des camions, des taxis, des autobus scolaires ou des véhicules commerciaux. Le tribunal avait suspendu les patrouilles en mars 2025, invoquant des risques pour la sécurité physique et psychologique des agents, jugés trop exposés sans moyen de défense. La formation en intervention avec arme à feu, d’une durée de deux semaines, vise à renforcer leur protection lors des interventions, en particulier contre des groupes criminels transportant des produits illicites.
En parallèle du port d’arme, les contrôleurs routiers bénéficient désormais d’un accès élargi au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ), une base de données regroupant des informations sensibles, comme les plaques d’immatriculation, l’identité des personnes ou les véhicules volés. Cette mesure, saluée par le président de la FCCRQ, doit permettre d’améliorer la sécurité des agents lors des interventions et de renforcer la protection des usagers de la route. Jean-Claude Daignault souligne que cette avancée répond à un besoin de mieux contrôler les situations à risque, notamment lors d’interceptions de véhicules suspects. L’accès à ces données était auparavant limité, ce qui compliquait la vérification rapide des antécédents des conducteurs ou des véhicules contrôlés.
La suspension des patrouilles pendant 19 mois a eu un impact significatif sur le nombre de constats d’infraction au Québec. Selon les données rapportées par Radio-Canada, le nombre de constats visant les véhicules lourds a chuté de 50 % entre 2024 et 2025. Les infractions liées à la circulation et à la signalisation ont respectivement diminué de 82 % et 87 %. Les contrôleurs routiers, dont le mandat porte exclusivement sur les camions, les taxis, les autobus scolaires et les véhicules commerciaux, étaient confinés à leurs postes de contrôle, situés en marge des autoroutes ou des artères principales. Normalement, ils passent seulement 30 % de leur temps dans ces postes, le reste étant consacré aux patrouilles sur la route. Leur absence a également eu un coût financier pour l’État, estimé à près de 15 millions de dollars par le président du syndicat.
Dès le premier jour de reprise des patrouilles dans la région de Rimouski, avec seulement quatre agents en activité, une douzaine de constats d’infraction ont été dressés. Ce résultat illustre l’efficacité immédiate du retour des contrôleurs sur le terrain, même à petite échelle. Jean-Claude Daignault insiste sur l’importance de cette reprise pour améliorer la sécurité routière globale, tant pour les usagers que pour les agents. Il rappelle que les contrôleurs routiers sont le seul corps d’agents de la paix au Québec à ne pas être armés jusqu’à présent, malgré leur exposition fréquente à des situations à haut risque. Leur mission, centrée sur le contrôle des véhicules lourds et commerciaux, joue un rôle clé dans la prévention des infractions et la protection des routes.

