L’ARTM planifie les futurs chantiers en transport collectif
L'ARTM doit publier une première étude cet automne sur la zone Chomedey–Saint-Laurent..
L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a identifié huit zones dans la région métropolitaine de Montréal pour étudier l’avenir des transports collectifs. Ces zones, réparties sur l’île de Montréal, Laval et la Montérégie, sont Chomedey–Saint-Laurent, le Sud-Ouest de Montréal, le corridor laurentien, Les Moulins, le corridor montérégien, Saint-Laurent–Ahuntsic–Montréal-Nord, Marguerite-d’Youville et Roussillon. L’objectif est d’évaluer les besoins actuels et futurs en mobilité, de proposer des solutions adaptées et de faire des recommandations au gouvernement du Québec. Cette planification s’inscrit dans la continuité des projets déjà en cours, comme le REM (Réseau express métropolitain) et le prolongement de la ligne bleue du métro. Benoît Gendron, directeur général de l’ARTM, souligne que ces études doivent débuter dès maintenant pour répondre aux besoins des prochaines décennies.
La première étude portera sur la zone Chomedey–Saint-Laurent, située à cheval entre Montréal et Laval. Cette région n’a pas connu de modifications majeures depuis l’ouverture de la ligne orange du métro à Laval en 2007, il y a près de 20 ans. François Pépin, agent de communication pour l’Association pour le transport collectif de Laval, souligne que les habitudes de déplacement ont évolué depuis cette époque. Les citoyens se déplacent davantage à l’intérieur de Laval et en dehors des heures de pointe, ce qui crée de nouveaux besoins en transport. Parmi les projets réclamés depuis les années 2010, le prolongement de la ligne orange est souvent cité comme une priorité. Cette étude permettra d’évaluer la faisabilité et l’opportunité de ce prolongement.
Jean-Denis Charest, président-directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, estime que le développement du transport collectif dans l’Est de Montréal devrait être une priorité absolue. Pourtant, cette zone ne figure pas parmi les huit zones d’étude identifiées par l’ARTM. Il explique que l’ARTM a terminé son travail, mais que le transfert des responsabilités à Mobilité Infra Québec tarde à se concrétiser. Selon lui, ce retard pourrait freiner le développement urbain de l’Est de Montréal et lui faire manquer des opportunités économiques. Il considère que ce sujet sera un enjeu majeur lors de la prochaine campagne électorale.
Brian Nash, coordonnateur des affaires publiques et de la communication chez Trajectoire Québec, une association qui défend les usagers des transports collectifs, salue l’initiative de l’ARTM. Il rappelle que le transport collectif doit être développé en continu dans toute la région métropolitaine pour éviter un « non-sens ». Bien que certaines zones, comme Montréal-Nord, soient particulièrement prioritaires en raison de services défaillants, il insiste sur la nécessité d’améliorer le service partout. Nash appelle également à un changement de mentalité au sein du gouvernement québécois, qui doit s’engager davantage et investir dans ce secteur. En mai 2024, les sociétés de transport collectif du Québec ont estimé qu’elles auraient besoin de 20 milliards de dollars d’ici 2035 pour maintenir leurs infrastructures en bon état.
L’ARTM a annoncé que la première étude, portant sur Chomedey–Saint-Laurent, sera publiée à l’automne 2024. Cette étude servira de base pour les décisions futures concernant les projets de transport collectif dans cette zone. Parallèlement, des acteurs locaux et des associations, comme l’Association pour le transport collectif de Laval et Trajectoire Québec, continuent de faire pression pour que d’autres projets prioritaires, comme le prolongement de la ligne orange ou le développement de l’Est de Montréal, soient pris en compte. Le gouvernement du Québec, via **Mobilité Infra Québec**, devrait recevoir les recommandations de l’ARTM pour les mettre en œuvre dans les années à venir.

