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Géopolitique

La “dépression circadienne” toucherait un patient sur quatre

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

En étudiant, entre autres, le sommeil dans une cohorte de dépressifs, une équipe de chercheurs australiens a mis en évidence que la dépression circadienne, liée à la perturbation de l’horloge biologique, concernerait près d’un quart des malades..

Dépression circadienne découverte

Une étude australienne publiée dans le British Journal of Psychiatry révèle l’existence d’un nouveau sous-type de dépression lié à un trouble du rythme circadien, appelé dépression circadienne. Ce rythme circadien désigne l’horloge biologique interne qui régule les cycles de veille et de sommeil sur 24 heures. Selon Ian Hickie, chercheur à l’université de Sydney et coauteur de l’étude, lorsque cette horloge fonctionne correctement, une personne se réveille en pleine forme. En revanche, quand elle est perturbée, des symptômes comme une fatigue persistante, des difficultés de concentration, des troubles du sommeil ou des changements d’humeur apparaissent. L’étude a analysé les réponses de plus de 10 000 adultes, majoritairement des femmes, souffrant de dépression sévère et persistante.

Symptômes et prévalence

Parmi les participants à l’étude, 23 % (soit 2 604 personnes) présentaient une dépression circadienne, identifiée par au moins trois des six signes suivants : être naturellement du soir, se coucher plus tard que la moyenne, se réveiller épuisé malgré une nuit de sommeil suffisante, dormir davantage pendant les épisodes dépressifs, se lever tard les jours sans travail et subir des variations intenses de l’humeur, de l’énergie, du sommeil ou de l’appétit selon les saisons. Ces patients ont développé des symptômes plus sévères et plus tôt que les autres, en moyenne à 18 ans contre 23 ans pour les autres formes de dépression. Leur réponse aux antidépresseurs classiques était également moins bonne, avec des effets secondaires plus marqués.

Origines biologiques distinctes

Les chercheurs ont observé que les personnes atteintes de dépression circadienne présentaient des caractéristiques biologiques différentes des autres dépressifs. Emiliana Tonini, chercheuse impliquée dans l’étude, souligne que ces patients avaient davantage de variants génétiques associés à des troubles du sommeil, un poids corporel plus élevé, des marqueurs inflammatoires élevés et un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ces différences suggèrent que la dépression circadienne pourrait nécessiter des approches thérapeutiques spécifiques, comme des interventions comportementales ou la prise de mélatonine, une hormone régulant le sommeil.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats de l’étude soulignent l’importance de distinguer la dépression circadienne des autres formes de dépression pour adapter les traitements. Les antidépresseurs classiques, moins efficaces dans ce cas, pourraient être remplacés par des solutions ciblant les troubles du rythme circadien. Les chercheurs recommandent notamment des actions comportementales, comme des horaires de sommeil réguliers, une exposition à la lumière naturelle ou la prise de mélatonine. Cette approche personnalisée pourrait améliorer la qualité de vie des patients et réduire les effets indésirables des médicaments.

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