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En cryptographie, « post-quantique n’est pas post-IA »

Next.ink · mis à jour il y a 2 j

Thales affirme que le « post-quantique n’est pas post-IA ». Autre manière de le dire : un algorithme prévu pour résister aux ordinateurs quantiques peut tomber sous les attaques de l’intelligence artificielle.

Cryptographie post-quantique menacée

L’informatique quantique, encore en développement, menace les méthodes de cryptographie actuelles comme le RSA. Ces ordinateurs, une fois suffisamment puissants, pourraient casser des clés de chiffrement en exploitant l’algorithme de Shor, conçu pour résoudre des problèmes mathématiques complexes en un temps record. Cependant, l’intelligence artificielle (IA) générative, déjà opérationnelle, représente une menace immédiate pour ces systèmes. Contrairement aux idées reçues, les algorithmes dits post-quantiques, censés résister à l’informatique quantique, ne sont pas à l’abri des attaques par IA. Thales a souligné ce paradoxe lors des Assises de la cybersécurité à Monaco, montrant que l’IA peut compromettre des protocoles avant même l’arrivée des ordinateurs quantiques.

HAWK victime de l'IA générative

L’algorithme HAWK, candidat à la standardisation par le NIST (National Institute of Standards and Technology) pour la cryptographie post-quantique, a été compromis par l’IA Claude Mythos d’Anthropic. Cette IA a amélioré des attaques existantes contre HAWK, réduisant drastiquement sa complexité et sa robustesse. Résultat, l’équipe de HAWK a retiré son algorithme du processus de sélection du NIST après deux tours de validation. Cet épisode illustre comment l’IA générative agit comme un amplificateur d’attaques, accélérant la découverte de failles dans des systèmes de chiffrement. D’autres algorithmes, comme SIKE et Rainbow, avaient déjà subi des échecs similaires, sans recourir à l’IA.

RSA vulnérable aux attaques IA

En septembre, deux algorithmes de chiffrement RSA ont été compromis par des IA : Devin de Cognition et Claude d’Anthropic. Ces attaques ont ciblé des clés RSA de tailles spécifiques, comme RSA-862 et RSA-896, en exploitant des failles dans leur implémentation ou leur structure mathématique. Les clés RSA, largement utilisées pour sécuriser les communications en ligne, reposent sur la difficulté de factoriser de grands nombres premiers. Les attaques par IA ont démontré que cette difficulté peut être contournée plus rapidement que prévu, remettant en cause la fiabilité de ce standard. Ces événements surviennent alors que l’informatique quantique n’est pas encore opérationnelle, soulignant l’urgence de repenser les méthodes de cryptographie.

NIST et sélection des algorithmes

Le NIST, organisme américain chargé de standardiser les algorithmes de cryptographie, mène un processus de sélection pour identifier des méthodes résistantes aux attaques quantiques. Ce processus, en plusieurs tours, vise à valider des algorithmes post-quantiques capables de remplacer les standards actuels comme RSA. Cependant, les récentes attaques par IA ont montré que certains algorithmes prometteurs, comme HAWK, ne résistent pas aux nouvelles méthodes d’analyse. Le NIST doit donc adapter ses critères de validation pour intégrer les risques liés à l’IA générative. Cette situation crée une course entre les développeurs de cryptographie et les attaquants, qu’ils soient humains ou machines.

Ce que ça pourrait changer

L’IA générative, comme *Claude* ou *Devin*, joue un rôle clé dans l’évolution des cybermenaces. Contrairement aux attaques traditionnelles, qui nécessitent des calculs intensifs et des ressources limitées, l’IA peut automatiser la découverte de failles et optimiser les attaques en temps réel. Par exemple, *Claude Mythos* a amélioré des attaques contre HAWK en s’inspirant de méthodes existantes, réduisant leur complexité de manière spectaculaire. Cette capacité à apprendre et à s’adapter rapidement rend l’IA particulièrement dangereuse pour les systèmes de cryptographie, même ceux conçus pour résister aux ordinateurs quantiques. Les experts soulignent que l’IA n’est pas une solution, mais un nouvel outil pour les attaquants.

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