Des failles Microsoft corrigées depuis des années ouvrent encore la porte aux cybercriminels
Des vulnérabilités Microsoft non corrigées, dont une vieille de 14 ans, continuent d'être exploitées par des cybercriminels. L'agence américaine de cybersécurité a récemment ajouté quatre vulnérabilités Windows à son catalogue des menaces actives, exigeant des agences fédérales qu'elles appliquent les correctifs d'ici avril 2026..
Microsoft a corrigé depuis plusieurs années des failles (ou vulnérabilités) dans ses logiciels, comme Windows ou Office. Une faille est une faille de sécurité, c’est-à-dire une faiblesse dans un système informatique qui peut être exploitée par des pirates pour accéder à des données sans autorisation. Ces failles, une fois identifiées, font généralement l’objet de correctifs (ou patches), c’est-à-dire des mises à jour logicielles destinées à les combler. Pourtant, malgré ces corrections, des millions d’ordinateurs restent exposés. En effet, ces correctifs ne sont pas toujours installés par les utilisateurs, soit par négligence, soit par manque de connaissances techniques. Par exemple, en 2026, une faille corrigée en 2020 dans le protocole SMB (Server Message Block), utilisé pour le partage de fichiers, continue d’être exploitée par des cybercriminels pour infiltrer des réseaux.
Les cybercriminels exploitent ces failles non corrigées pour lancer des attaques informatiques, comme des ransomwares (logiciels malveillants qui bloquent l’accès à un système ou à des données en échange d’une rançon) ou des phishing (techniques d’hameçonnage visant à tromper les utilisateurs pour leur soutirer des informations sensibles). Selon des experts en cybersécurité, ces attaques représentent un risque majeur pour les entreprises et les particuliers. Par exemple, en 2025, une faille dans le logiciel Microsoft Exchange Server, corrigée en 2021, a permis à des pirates d’accéder à des milliers de serveurs dans le monde, exposant des données sensibles. Les cybercriminels utilisent souvent ces failles pour voler des informations personnelles, installer des malwares ou espionner des organisations.
Plusieurs raisons expliquent pourquoi ces failles persistent malgré les correctifs. D’abord, de nombreux utilisateurs ne mettent pas à jour leurs systèmes par négligence ou par manque de temps. Ensuite, certaines entreprises ou administrations utilisent des logiciels obsolètes, incompatibles avec les dernières mises à jour, par crainte de dysfonctionnements. Enfin, les cybercriminels développent des outils automatisés pour scanner Internet et repérer les systèmes non corrigés, ce qui leur permet d’exploiter ces failles à grande échelle. Par exemple, en 2026, une étude a révélé que 30 % des ordinateurs dans le monde fonctionnaient encore avec des versions non mises à jour de Windows, malgré la disponibilité des correctifs.
Microsoft, l’entreprise américaine éditrice des logiciels concernés, joue un rôle central dans la résolution de ce problème. L’entreprise publie régulièrement des mises à jour de sécurité via son service Windows Update, qui permet aux utilisateurs de corriger automatiquement les failles. Cependant, Microsoft ne peut pas forcer les utilisateurs à installer ces mises à jour. Pour limiter les risques, l’entreprise collabore avec des organismes de cybersécurité, comme l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information en France), pour sensibiliser le public et les entreprises. En 2026, Microsoft a annoncé des mesures supplémentaires, comme des rappels automatiques pour les failles critiques, mais leur efficacité dépendra de l’adoption par les utilisateurs.
Les conséquences de ces failles non corrigées peuvent être graves pour les utilisateurs. Les particuliers risquent de voir leurs données personnelles volées, comme des mots de passe ou des informations bancaires, ce qui peut entraîner des fraudes financières. Les entreprises, quant à elles, s’exposent à des pertes financières, des atteintes à leur réputation ou des poursuites judiciaires en cas de fuite de données. Par exemple, en 2025, une attaque exploitant une faille corrigée en 2022 a coûté plus de 10 millions d’euros à une PME française. Les administrations publiques ne sont pas épargnées : en 2026, plusieurs hôpitaux en Europe ont subi des cyberattaques exploitant des failles anciennes, perturbant leurs services.
Pour se protéger, les experts recommandent plusieurs actions simples mais efficaces. D’abord, activer les mises à jour automatiques sur tous les appareils connectés, y compris les smartphones et les tablettes. Ensuite, utiliser des logiciels de sécurité, comme des antivirus ou des pare-feux, pour détecter et bloquer les tentatives d’intrusion. Il est aussi conseillé de sauvegarder régulièrement ses données sur un support externe ou dans le *cloud* (stockage en ligne), afin de pouvoir les restaurer en cas d’attaque. Enfin, les entreprises et les administrations doivent former leurs employés à la cybersécurité et mettre en place des politiques strictes de gestion des correctifs. En 2026, des campagnes de sensibilisation ont été lancées dans plusieurs pays pour encourager ces bonnes pratiques.

