Le Kenya s’attaque aux commerçants étrangers : gare au “syndrome sud-africain”
Nairobi avait fixé au 7 septembre la date butoir à partir de laquelle les étrangers exploitant des petites entreprises non autorisées devaient cesser leur activité. L’injonction a suscité un mouvement de panique dans la communauté burundaise installée dans le pays et des critiques contre une politique qui rappelle celle menée par l’Afrique du Sud..
Le 7 septembre 2026, le président kényan William Ruto a fixé une date butoir pour les étrangers exploitant des petites entreprises non autorisées au Kenya. Ces commerçants devaient cesser leur activité à partir de ce jour. L'annonce a provoqué une vague de panique, notamment parmi les ressortissants burundais installés au Kenya, qui représentent une communauté importante dans le pays. Les autorités kényanes ont ensuite précisé que les étrangers pourraient rester sur place, mais sans droit de travailler ou d'exploiter une entreprise, ce qui a semé la confusion. Cette mesure s'inscrit dans une politique plus large de régulation de l'immigration économique.
Face à l'ultimatum du 7 septembre 2026, des centaines de Burundais résidant au Kenya ont tenté de quitter le pays en urgence. Des files d'attente se sont formées devant l'ambassade du Burundi à Nairobi pour obtenir des documents de voyage, tandis que d'autres cherchaient à acheter des billets de bus ou demandaient un délai supplémentaire. Cette réaction reflète la crainte de perdre leur moyen de subsistance, car beaucoup de ces commerçants étrangers dépendent de leurs activités pour vivre. Les autorités kényanes ont ensuite indiqué qu'elles négociaient avec plusieurs ambassades africaines pour faciliter la délivrance de documents aux ressortissants concernés.
L'article évoque un parallèle entre la politique kényane actuelle et le syndrome sud-africain, une expression désignant les tensions xénophobes et les mesures restrictives envers les étrangers en Afrique du Sud. Dans ce pays, des vagues de violences xénophobes ont déjà poussé des milliers d'étrangers à quitter le territoire. Le Kenya semble craindre que des mesures similaires, si elles sont mal gérées, ne dégénèrent en conflits ou en exodes massifs. Cette comparaison souligne les risques d'une politique perçue comme discriminatoire envers les commerçants étrangers.
Après le mouvement de panique du 7 septembre 2026, les autorités kényanes ont tenté de rassurer la population en clarifiant leur position. Elles ont indiqué que les étrangers pourraient séjourner au Kenya, mais sans exercer d'activité professionnelle ou commerciale non autorisée. Des pourparlers sont en cours avec plusieurs ambassades africaines pour faciliter la régularisation des ressortissants concernés. Ces ajustements montrent une volonté de concilier contrôle de l'immigration et gestion des tensions sociales, tout en évitant un exode massif.
Le Kenya, pays d'Afrique de l'Est en pleine croissance économique, cherche à réguler l'accès au marché pour les petits commerçants étrangers. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de protection des emplois locaux et de contrôle des flux migratoires. Cependant, elle soulève des questions sur l'impact économique pour les communautés étrangères, comme celle des Burundais, qui contribuent activement au commerce local. Le gouvernement kényan doit désormais trouver un équilibre entre souveraineté économique et stabilité sociale.

