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Géopolitique

Qu’est ce qui explique la déroute aussi rapide du camp anti-houthiste au Yémen ?

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

L’avancée éclair de la milice pro-iranienne sur la mer Rouge a pris de court plus d’un observateur. Au Yémen, les accusations d’incompétence, de sabotage ou même de haute trahison fleurissent, adressées tantôt à des commandants militaires locaux, tantôt aux alliés régionaux.

Avancée éclair des Houthis

En septembre 2026, la milice pro-iranienne des Houthis a mené une offensive fulgurante sur la côte yéménite de la mer Rouge, notamment dans la région stratégique de Mokha et autour du détroit de Bab El-Mandeb. Ce détroit, situé entre le Yémen et Djibouti, est une voie maritime majeure pour le commerce mondial, car il relie l’océan Indien à la mer Rouge et au canal de Suez. Son contrôle est donc crucial pour les flux pétroliers et commerciaux. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont profité d’une déroute rapide des forces anti-houthises, composées principalement de troupes fidèles au gouvernement yéménite internationalement reconnu et soutenues par l’Arabie saoudite. Cette avancée a surpris de nombreux observateurs, car elle a été réalisée en quelques jours seulement, alors que le conflit au Yémen dure depuis des années.

Responsabilités multiples

Plusieurs acteurs sont pointés du doigt pour expliquer cette défaite militaire. D’abord, les commandants militaires locaux, accusés d’incompétence ou de manque de préparation face à l’offensive houthiste. Ensuite, les alliés régionaux du gouvernement yéménite, notamment l’Arabie saoudite, dont les stratégies militaires sont remises en question. Les Émirats arabes unis (EAU) sont également critiqués, certains médias yéménites suggérant qu’ils auraient pu saboter les efforts saoudiens, bien que cette hypothèse reste controversée. Enfin, Tarek Saleh, neveu de l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh et commandant militaire dans la région de Mokha, est directement mis en cause. Avec 40 000 combattants sous ses ordres, il était considéré comme un acteur clé, mais sa gestion de la défense a été jugée défaillante, voire trahisonneuse par certains observateurs.

Causes de l’effondrement

Plusieurs facteurs expliquent cette déroute rapide. D’abord, un mauvais moral des troupes, démoralisées par des années de conflit et un manque de soutien logistique ou financier. Ensuite, une confusion sur le terrain, avec des unités militaires mal coordonnées et une absence de doctrine de combat unifiée, ce qui a rendu les défenses vulnérables. Une méfiance généralisée entre les chefs militaires a également joué un rôle, chacun agissant selon ses propres intérêts plutôt que pour une stratégie commune. Enfin, des désaccords profonds entre les alliés, notamment entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont affaibli la cohésion du camp anti-houthiste. Ces tensions ont empêché une réponse coordonnée face à l’offensive houthiste.

Rôle de Tarek Saleh

Tarek Saleh, neveu de l’ancien dictateur Ali Abdallah Saleh, était le commandant militaire principal dans la région de Mokha, où il avait établi son fief avec 40 000 combattants. Son rôle dans la défaite est central, selon plusieurs médias yéménites. Il est accusé d’incompétence pour avoir sous-estimé la capacité des Houthis à mener une offensive rapide et coordonnée. Certains l’accusent même de manque de vigilance, voire de haute trahison, en n’ayant pas su organiser une défense efficace ou en ayant privilégié ses propres ambitions politiques au détriment de la stratégie militaire. Son incapacité à unifier les forces locales et à les motiver a été un facteur clé de l’effondrement des défenses dans la région.

Ce que ça pourrait changer

Cette défaite s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe, marqué par l’influence croissante de l’Iran au Yémen via les Houthis. Le détroit de Bab El-Mandeb, désormais contrôlé par les Houthis, est un enjeu stratégique pour l’Iran, qui cherche à étendre son influence dans la région et à menacer les routes maritimes utilisées par ses rivaux, comme l’Arabie saoudite et les États-Unis. Les tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux alliés traditionnels du gouvernement yéménite, ont également joué un rôle dans cette défaite. Ces divisions ont affaibli la cohésion du camp anti-houthiste et rendu plus difficile une réponse unifiée face à l’offensive houthiste.

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