Feux de forêt près de Bordeaux : accalmie avant l’arrivée d’une vague de chaleur
Le nombre de foyers actifs a diminué, mais les pompiers n'ont toujours pas maîtrisé les feux..
Un incendie massif ravage depuis plusieurs jours une zone de 42 000 hectares aux portes de Bordeaux, en Gironde. Selon le SDIS 33 (Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde), le nombre de foyers actifs a diminué par rapport à la veille, mais le feu n'est pas encore maîtrisé. Le capitaine Wilfried Schneider, porte-parole du SDIS 33, précise que la situation reste instable malgré cette accalmie temporaire. La préfecture de Gironde confirme qu'il n'y a pas d'évolution majeure, mais les autorités craignent une reprise des incendies avec l'arrivée d'une vague de chaleur prévue à partir du mardi suivant. Les conditions météo (vents moins forts mais plus secs et températures pouvant atteindre 40 °C) sont favorables à une reprise des flammes.
Emmanuel Macron a présidé une cellule interministérielle de crise au ministère de l'Intérieur pour coordonner la réponse aux incendies. Cette réunion s'inscrit dans un contexte où 115 000 hectares ont déjà brûlé en France depuis le début de l'année, une situation qualifiée d'exceptionnelle par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Les autorités locales, comme le maire de Lège-Cap-Ferret Philippe de Gonneville, anticipent une accalmie provisoire avant une possible aggravation. Les pompiers, soutenus par des moyens aériens comme un A400M équipé d'un kit de largage de retardant (substance ralentissant la propagation du feu), continuent leurs opérations. Cependant, aucun retour des évacués n'est envisagé tant que le feu n'est pas fixé.
L'incendie a entraîné l'évacuation de 220 000 personnes, une opération d'une ampleur inédite, et détruit 240 habitations en Gironde. Aucun décès n'est à déplorer, mais 84 pompiers ont été blessés, dont 10 évacués pour soins. Les dégâts économiques sont également importants : plus de 13 000 entreprises ont été touchées, et les assureurs prendront en charge les frais de relogement des personnes évacuées dans plusieurs départements (Gironde, Landes, Var). À Bordeaux, plus de 1 000 personnes, dont des résidents d'Ehpad, sont encore hébergées au parc des expositions. Les transports sont perturbés : aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux (sauf ceux desservant Agen et Toulouse), et l'autoroute A63 est fermée entre Bordeaux et Bayonne.
Les incendies s'aggravent en raison d'une sécheresse persistante, accentuée par le changement climatique et les canicules récentes. Les sols et la végétation, très secs, favorisent la propagation des feux. Une vague de solidarité s'est organisée : des agriculteurs, des particuliers et des bénévoles prêtent main-forte aux pompiers avec des convois de véhicules remplis d'eau. Les activités des colonies de vacances sont suspendues dans le département. Dans les Landes, l'incendie de Biscarrosse a brûlé 3 600 hectares et 198 bâtiments, avec 8 000 personnes évacuées sur 30 000 autorisées à rentrer chez elles. Dans le Var, 2 000 personnes ont été évacuées, et l'incendie est contenu malgré des reprises dues au *mistral* (vent violent du nord).

