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Généraliste

Oxfam accuse le FMI de préconiser toujours plus d’austérité dans les pays qu’il aide

Le Devoir · mis à jour il y a 10 j

Oxfam craint «un retour à l’approche malheureuse» des thérapies de choc qui aggravaient la pauvreté dans les années 80..

Oxfam critique le FMI

L'organisation internationale Oxfam, spécialisée dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, accuse le Fonds monétaire international (FMI) de promouvoir de plus en plus de mesures d’austérité dans les pays qu'il aide financièrement. Selon Oxfam, cette tendance rappelle les politiques économiques des années 1980, appelées « thérapies de choc », qui avaient aggravé la pauvreté dans de nombreux pays. L'organisation craint que ces mesures, en réduisant les dépenses publiques, ne fragilisent les services essentiels comme la santé, l'éducation ou le logement, particulièrement pour les populations les plus vulnérables. Oxfam dénonce notamment un affaiblissement des protections sociales dans les programmes de prêt du FMI, ce qui pourrait aggraver les inégalités.

Austérité en hausse

Oxfam révèle que les objectifs de réduction des dépenses imposés par le FMI ont fortement augmenté depuis 2018. En 2018, ces objectifs représentaient en moyenne 0,21 % du PIB (Produit Intérieur Brut) des pays concernés, contre 0,85 % en 2025. Cette hausse signifie que les États doivent réduire leurs dépenses publiques de manière plus importante, ce qui peut limiter leur capacité à financer des services publics essentiels. Oxfam souligne que ces réductions sont souvent imposées dès le début des programmes d'aide, ce qui peut fragiliser immédiatement les économies locales et les populations. Par exemple, le FMI a récemment conclu un accord avec le Sénégal pour un prêt de 2,2 milliards de dollars, mais les conditions associées pourraient entraîner des coupes budgétaires significatives.

Risques des thérapies de choc

Nabil Abdo, conseiller politique d'Oxfam International, compare l'application immédiate de l'austérité à « avaler une bouteille entière de poison dont nous savons déjà qu'il est nocif à petites doses ». Il explique que ces mesures brutales, inspirées des « thérapies de choc » des années 1980, risquent de réduire le nombre de médecins, d'enseignants et de travailleurs sociaux, affaiblissant ainsi la résilience des sociétés. Selon lui, ces politiques ne permettent pas aux citoyens d'évaluer correctement les effets des réformes économiques, car elles sont mises en place trop rapidement. Oxfam craint que cette approche ne reproduise les erreurs du passé, où l'austérité avait aggravé les crises sociales et économiques.

Ce que ça pourrait changer

Pour éviter un retour à l'austérité, Oxfam propose au FMI de privilégier des alternatives, comme la mise en place d'une **taxe progressive** sur les revenus les plus élevés et les profits des entreprises. L'organisation estime que cette solution permettrait de générer des revenus durables pour les États sans pousser des millions de personnes dans la pauvreté. Oxfam appelle également le FMI à protéger les dépenses sociales dans ses programmes de prêt, afin de garantir que les services publics essentiels ne soient pas sacrifiés. L'organisation espère que les administrateurs du FMI, lors de leur réunion du 1er septembre, rejetteront l'idée d'un retour à l'*ajustement structurel*, une politique économique visant à réformer profondément les structures économiques des pays en difficulté.

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