Le “mesh” : pour communiquer sans Internet ni 5G
Coupure gouvernementale ou accidentelle, panne massive d’électricité, catastrophe naturelle… L’accès à Internet est exposé à toutes sortes de défaillances. D’où l’idée de créer des modes de communication indépendants, les réseaux maillés.
En juin 2026, la ville de Seattle, située dans une zone géologiquement active d’Amérique du Nord et exposée aux tsunamis et aux tempêtes violentes, déploie un réseau de communication de secours appelé réseau maillé (mesh network). Ce système ne dépend ni du réseau cellulaire ni d’Internet. Les habitants utilisent un petit module radio LoRa (Long Range, soit « longue portée » en anglais) et une antenne pour envoyer des messages texte via leur smartphone. Contrairement aux réseaux traditionnels, chaque appareil agit à la fois comme émetteur et relais, transmettant les messages aux appareils proches. Ce réseau repose sur des applications gratuites comme LibreMesh, Meshtastic ou MeshCore.
Un réseau maillé fonctionne grâce à des répéteurs installés en hauteur (toits, poteaux, collines) qui amplifient la couverture. Chaque nouvel utilisateur ou répéteur étend ainsi la portée du réseau. La technologie LoRa permet de transmettre uniquement des messages texte courts et des coordonnées GPS, mais pas d’images ou de vidéos. Les répéteurs consomment peu d’énergie et sont souvent alimentés par des panneaux solaires, ce qui les rend autonomes en cas de panne électrique. Cette solution est particulièrement adaptée aux zones isolées ou en cas de catastrophe naturelle.
Depuis janvier 2025, les réseaux maillés gagnent en popularité, notamment aux États-Unis, où la communauté survivaliste (préparant une éventuelle « apocalypse ») les adopte comme solution de secours. Certaines municipalités envisagent même de les déployer pour protéger leurs populations en cas de catastrophe. En juin 2025, le magazine américain Wired rapportait que des villes américaines étudiaient cette option. Cependant, la technologie reste limitée à des usages spécifiques et ne vise pas à remplacer Internet, mais plutôt à offrir une alternative en cas de défaillance des réseaux classiques.
L’initiative de Seattle s’inscrit dans un contexte de vulnérabilité géographique, où les risques de tsunamis et de tempêtes justifient des solutions de communication autonomes. Les acteurs clés incluent les habitants équipés de modules *LoRa*, les développeurs des applications *LibreMesh*, *Meshtastic* et *MeshCore*, ainsi que les municipalités locales. Ces dernières pourraient, à l’avenir, généraliser ces réseaux pour renforcer la résilience des populations face aux catastrophes naturelles ou aux pannes massives d’électricité.

