Pour sauver la planète, il faut réduire la population mondiale de moitié
Et si la solution aux limites planétaires consistait à être moins nombreux? Des scientifiques estiment que réduire le nombre d'individus sur Terre de moitié d'ici 2200 permettrait de limiter la pression exercée sur les ressources..
En 1798, l'économiste anglais Thomas Robert Malthus publie son Essai sur le principe de population, un texte fondateur qui pose une question toujours d'actualité. Il y décrit une tension entre la croissance démographique et les ressources disponibles, notamment alimentaires. Selon lui, la population mondiale augmente plus vite que la production agricole, ce qui pourrait mener à une catastrophe malthusienne : une situation où les ressources ne suffiraient plus à nourrir tout le monde. Cette idée, bien que critiquée et nuancée depuis, reste une référence dans les débats sur la surpopulation. Deux siècles plus tard, malgré des progrès technologiques majeurs, la question de l'équilibre entre nombre d'habitants et ressources planétaires reste centrale.
Jusqu'aux années 1960, la production de ressources (nourriture, énergie, etc.) suivait la croissance démographique grâce aux innovations technologiques. Cependant, depuis cette période, la dynamique s'est inversée : la population mondiale continue d'augmenter, tandis que les ressources se raréfient. Aujourd'hui, l'humanité vit au-dessus des capacités de régénération de la Terre, c'est-à-dire qu'elle consomme plus que ce que la planète peut produire ou absorber naturellement en un an. Cette situation est appelée dépassement écologique (ou overshoot en anglais). Par exemple, en 2026, il faudrait l'équivalent de 1,7 Terre pour répondre aux besoins annuels de l'humanité, selon les scientifiques.
La croissance démographique entraîne une demande accrue en nourriture, énergie et matières premières. Dans un monde industrialisé où la surconsommation et la croissance économique sont encouragées, cette situation devient préoccupante. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), une organisation scientifique internationale, considère que la croissance démographique est l'un des principaux facteurs augmentant les émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique. Par exemple, une personne en Europe ou en Amérique du Nord consomme en moyenne bien plus de ressources qu'une personne en Afrique ou en Asie, ce qui aggrave les inégalités et la pression sur la planète.
Notre dépendance aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel) explique en partie comment nous avons pu dépasser les limites écologiques de la Terre. Ces énergies, non renouvelables, permettent de repousser temporairement les effets du dépassement écologique en augmentant artificiellement la production de ressources. Cependant, cette solution n'est pas durable : les réserves s'épuisent et leur extraction aggrave les dérèglements climatiques. Les auteurs de l'étude soulignent que les économies actuelles, basées sur une croissance ininterrompue, ignorent les contraintes de régénération de la planète. Sans changement, la capacité de la Terre à fournir des ressources va continuer de diminuer.
Les premiers signes d'une crise liée à la surpopulation ne se manifestent pas par des pénuries alimentaires immédiates, mais par une pression croissante sur le système agricole. Par exemple, la hausse du coût des engrais chimiques, souvent produits à partir d'énergies fossiles, pourrait réduire les rendements agricoles. De plus, la surpopulation favorise la propagation des pandémies (épidémies à grande échelle) et accentue les inégalités de revenus, ce qui dégrade la qualité de vie de millions de personnes. Ces problèmes sont déjà visibles dans certaines régions du monde, où l'accès à l'eau potable ou à une alimentation suffisante est limité.
En un siècle, la population mondiale est passée de 2,5 milliards d'habitants en 1926 à environ 8,3 milliards en 2026. Certains experts estiment qu'elle pourrait atteindre 12,4 milliards en 2070 avant de commencer à décliner. Cette croissance rapide est principalement due à l'amélioration des conditions de vie, de la médecine et de l'hygiène dans de nombreux pays. Cependant, elle pose un défi majeur pour la planète, car elle augmente la demande en ressources et en énergie. Les scientifiques soulignent que cette augmentation est bien plus radicale que toute diminution future de la population, même si celle-ci est envisagée comme une solution.
Face à ces défis, certains scientifiques proposent une solution radicale : réduire la population mondiale de moitié. Une étude publiée en juillet 2026 dans la revue *Sustainable Development* suggère d'atteindre 4 milliards d'habitants d'ici à l'an 2200. Selon ses auteurs, une population plus nombreuse accentuerait les émissions de **CO2** (dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre), la consommation d'eau douce, l'extraction minière et la production de plastique. Ils estiment que la population mondiale a quadruplé en un siècle, et que sa division par deux sur deux siècles serait moins perturbante que sa poursuite actuelle. Cette proposition s'inscrit dans une réflexion sur la nécessité de vivre dans les limites écologiques de la Terre.

