Visite de Xi Jinping : la Chine avance ses pions en Égypte
Le président chinois a été reçu en grande pompe, mercredi 2 septembre, par son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi. Pour Pékin, l’Égypte constitue une porte d’entrée vers de nouveaux marchés, au carrefour de l’Afrique et du monde arabe.
Le 2 septembre 2026, le président chinois Xi Jinping a rencontré son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, lors d’un sommet officiel au Caire. Cette visite, marquée par des célébrations et des préparatifs urbains (nettoyage des rues, accrochage de drapeaux, plantation de fleurs), s’inscrit dans le cadre du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l’Égypte. Pour Pékin, l’Égypte représente une porte d’entrée stratégique vers les marchés africains et arabes, tandis que pour Le Caire, cette alliance permet de diversifier ses fournisseurs d’armes, traditionnellement dominés par les États-Unis ou la Russie. Xi Jinping, qui s’est rendu en Égypte pour la deuxième fois depuis 2016, souligne l’importance de cette visite, d’autant que le président chinois voyage peu à l’étranger.
Depuis 2014, Abdel Fattah Al-Sissi a effectué huit voyages en Chine, illustrant l’intensité des liens entre les deux pays. Les relations sino-égyptiennes se caractérisent par un partenariat stratégique global, couvrant des domaines économiques, militaires et diplomatiques. La Chine voit en l’Égypte un partenaire clé pour étendre son influence en Afrique et au Moyen-Orient, tandis que l’Égypte cherche à réduire sa dépendance envers les puissances occidentales. Cette coopération inclut des investissements chinois dans des infrastructures égyptiennes, des échanges commerciaux et des accords militaires. Le sommet de 2026 vise à renforcer ces liens, notamment à travers des projets concrets et des engagements financiers.
La visite de Xi Jinping intervient dans un contexte de tensions régionales, notamment entre les États-Unis et la Chine, ainsi qu’au sein du monde arabe. L’Égypte, située au carrefour de l’Afrique et du Moyen-Orient, est un acteur central dans cette dynamique. Pour la Chine, consolider sa présence en Égypte permet de sécuriser des routes commerciales et d’accéder à de nouveaux marchés, notamment en Afrique subsaharienne. Pour l’Égypte, cette alliance offre une alternative aux partenaires traditionnels, comme les États-Unis ou l’Arabie saoudite, et renforce sa position sur la scène internationale. Les deux pays soulignent leur volonté de promouvoir un ordre mondial multipolaire, moins dominé par l’Occident.
Les autorités égyptiennes ont déployé des efforts considérables pour accueillir Xi Jinping, transformant Le Caire en une vitrine de l’hospitalité. Les rues ont été nettoyées, repeintes et décorées de drapeaux chinois et égyptiens, tandis que des arbres et des fleurs ont été plantés le long des axes empruntés par le convoi officiel. Ces préparatifs, décrits comme une « ruche d’abeilles » par les médias locaux, reflètent l’importance accordée à cette visite. Le sommet est également l’occasion de célébrer les **70 ans de relations diplomatiques** entre les deux pays, un anniversaire symbolique qui renforce la légitimité de leur partenariat.

