Le prix du diesel alimente la grogne sociale dans le monde
De la France à la Syrie en passant par le Guatemala, l’explosion des prix de l’énergie cause des maux de tête..
En septembre 2026, une hausse généralisée du prix du diesel provoque des tensions sociales dans plusieurs pays. Aux États-Unis, le prix du diesel atteint un record de 6,27 dollars le gallon, soit environ 1,66 euro par litre (1 gallon = 3,785 litres). Cette flambée s'explique par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les attaques contre des raffineries russes par l'Ukraine. En France, des centaines de pêcheurs bloquent des dépôts pétroliers pour protester contre la hausse des carburants et la dégradation de leurs conditions de travail. Le gouvernement français est interpellé par Ange Natoli, représentant des pêcheurs, qui exige une rencontre avec la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, pour trouver des solutions.
En Syrie, des manifestations éclatent dans la ville majoritairement kurde de Qamichli contre la hausse drastique des prix des carburants. Les habitants scandent des slogans comme «Non à la politique de la faim» et «Protégez les moyens de subsistance du peuple». Khansa Nehmat, une habitante de 48 ans, réclame le retour des prix du mazout (un autre nom pour le diesel ou le fioul) à leur niveau antérieur, ainsi qu'une baisse du prix du pain. Ces revendications reflètent une crise économique profonde, où les prix de l'énergie et des denrées alimentaires de base deviennent inaccessibles pour une partie de la population.
En Bolivie, des centaines de paysans manifestent début septembre 2026 à Cochabamba contre un décret gouvernemental doublant le prix du diesel pour certaines catégories, notamment les agriculteurs. Le prix passe de 0,8 à 1,5 dollar le litre, ce qui alourdit significativement les coûts de production agricole. Elena Aine, une agricultrice de 40 ans, souligne que cette hausse contribue à l'augmentation du coût du panier de base, c'est-à-dire le budget nécessaire pour acheter les produits essentiels. Les manifestants expriment leur mécontentement en tirant un tracteur avec une corde, symbolisant leur lutte contre les politiques économiques jugées défavorables.
Au Guatemala, des manifestations contre la hausse des prix des carburants ont dégénéré en affrontements violents. Deux policiers ont été blessés par balles lors de blocages routiers dans le sud du pays. Depuis deux mois, syndicats et associations de commerçants réclament une intervention de l'État pour réduire les prix à la pompe, qui ont entraîné une augmentation du coût des produits de première nécessité et des transports. Ces blocages perturbent l'approvisionnement et aggravent les tensions sociales dans un contexte économique déjà difficile.
Aux États-Unis, à quelques semaines des élections de mi-mandat en novembre 2026, la hausse des prix de l'énergie fait chuter le moral des consommateurs. Selon le baromètre de l'Université du Michigan, l'indice de confiance des consommateurs s'approche d'un plus bas historique atteint en mai 2026. La Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, envisage de relever ses taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation, une décision critiquée par le président Donald Trump, qui la juge «antipatriotique». Cette situation crée une tension entre les objectifs économiques de la Fed et les priorités politiques du gouvernement.
En France, à sept mois de l'élection présidentielle de 2027, la hausse des prix des carburants devient un enjeu politique majeur. Le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, critique la politique de la Banque centrale européenne (BCE), qu'il accuse de «nous conduire dans le mur». Le président Emmanuel Macron demande au gouvernement une «totale mobilisation» pour assurer l'approvisionnement et maîtriser les prix des carburants. Certains automobilistes français se rendent en Andorre, un petit pays voisin, pour faire le plein à moindre coût, illustrant les disparités de prix en Europe.
Au Brésil, le prix de la picanha, une pièce de bœuf très prisée, devient un symbole de la crise économique. Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro et rival du président en exercice Lula da Silva, organise un déplacement médiatique où il sert un grand plat de picanha à la presse. Il rappelle ainsi la promesse non tenue par Lula de rendre cette viande accessible au «peuple». Cette scène illustre comment les prix de l'énergie, qui influencent le coût de la production alimentaire, deviennent un sujet de débat politique, notamment en période électorale.

