C’était la plus grande crainte des astronomes : les miroirs géants en orbite approuvés par les autorités américaines
Le projet de satellites-miroirs de Reflect Orbital a été validé par les régulateurs américains. La promesse : apporter la lumière du Soleil à la demande, n'importe où sur la planète à tout moment de la nuit.
Les autorités américaines, via la Federal Communications Commission (FCC), ont officiellement validé le 9 juillet 2026 le projet de la startup Reflect Orbital. Cette entreprise californienne prévoit de déployer une constellation de satellites équipés de miroirs géants en orbite terrestre. La FCC, régulateur des télécommunications aux États-Unis, a reçu près de 2 000 commentaires d’alerte concernant les risques de ce projet, mais a finalement donné son feu vert. La décision a été prise sous l’administration de Donald Trump, dont le directeur de la FCC est nommé. Ce projet vise à réfléchir la lumière du Soleil vers la Terre à la demande, pour éclairer des zones spécifiques à tout moment de la nuit.
Reflect Orbital promet d’apporter une solution innovante pour éclairer des zones terrestres en pleine nuit, en utilisant des miroirs géants placés en orbite. Initialement présentée comme un outil pour des événements privés (comme un barbecue nocturne), l’entreprise évoque aussi des applications potentielles dans les domaines militaire, agricole ou énergétique. Par exemple, ces miroirs pourraient éclairer en permanence des panneaux solaires pour optimiser leur production d’énergie. Cependant, ces usages restent flous et ne convainquent pas la communauté scientifique, qui questionne l’utilité réelle de ce projet.
La communauté scientifique, représentée par des astronomes comme Samantha Lawler de l’Université de Regina, exprime une inquiétude majeure face à ce projet. Ces miroirs pourraient générer une pollution lumineuse sans précédent, perturbant gravement les observations astronomiques. En effet, la lumière réfléchie par ces satellites pourrait aveugler les télescopes ou saturer les capteurs des instruments d’observation. Ce problème s’ajoute à celui déjà existant des constellations de satellites comme Starlink, qui polluent déjà le ciel nocturne. Les astronomes craignent que cette nouvelle source de lumière ne rende certaines observations impossibles, mettant en péril l’avenir de leur discipline.
Reflect Orbital prévoit de lancer pas moins de 50 000 miroirs en orbite d’ici les dix prochaines années. Ce déploiement massif aggraverait significativement la pollution lumineuse déjà croissante. Pour financer ce projet ambitieux, l’entreprise a déjà levé plus de 20 millions de dollars. L’approbation de la FCC devrait accélérer la mise en œuvre de ce plan, avec le lancement prévu du premier satellite, nommé Eärendil-1, d’ici la fin de l’année 2026. Ce calendrier souligne l’urgence de la situation pour les astronomes, qui voient se concrétiser une menace qu’ils redoutaient depuis longtemps.
Les critiques des scientifiques mettent en lumière les *failles du cadre réglementaire spatial*, que *Reflect Orbital* semble exploiter pour concrétiser son projet. La FCC, en validant cette initiative malgré les alertes, illustre les limites des régulations actuelles face aux innovations technologiques rapides. Les astronomes dénoncent un manque de protection du ciel nocturne, déjà fragilisé par d’autres projets spatiaux. Cette situation soulève des questions sur la nécessité d’adapter les lois pour encadrer les activités spatiales et préserver des ressources essentielles pour la recherche scientifique.

