De l'Alaska à l'Égypte, quatre Rafale français traversent trois continents pour une démonstration de force
Neuf aéronefs militaires ont décollé d'Istres le 8 septembre pour la mission Pégase 26, septième édition d'un exercice de projection aérienne à travers l'Arctique, l'Indopacifique et le Moyen-Orient..
Quatre avions de combat Rafale, fabriqués en France, ont effectué un vol de démonstration traversant trois continents : l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Afrique. Ce périple de près de 10 000 kilomètres a commencé en Alaska (États-Unis), où les appareils ont décollé pour rejoindre l'Égypte en passant par plusieurs pays européens. L'objectif affiché est une démonstration de force pour illustrer les capacités opérationnelles et la polyvalence du Rafale, un avion multirôle conçu pour l'interception, le bombardement et la reconnaissance. Ce type de mission, appelé déploiement opérationnel, permet de tester la logistique, la maintenance et la coordination entre les pilotes et les équipes au sol sur de longues distances. Le Rafale, entré en service dans l'armée française en 2001, est exporté dans plusieurs pays, dont l'Égypte, qui en a commandé 24 exemplaires en 2015 pour moderniser sa flotte aérienne.
Le Rafale est un avion de combat dit multirôle, ce qui signifie qu'il peut accomplir plusieurs missions avec le même appareil : supériorité aérienne (contrôle de l'espace aérien), frappe au sol (bombardement de cibles terrestres), reconnaissance (collecte de données) et lutte anti-navire. Il est équipé de deux réacteurs M88, développés par le groupe français Safran Aircraft Engines, lui permettant d'atteindre une vitesse maximale de Mach 1,8 (environ 2 200 km/h) et une altitude de croisière de 15 000 mètres. Son radar RBE2 AESA (à balayage électronique actif) lui offre une détection à longue portée, tandis que son système d'armes intégré permet de transporter jusqu'à 14 missiles ou bombes. Le Rafale est également conçu pour opérer depuis des porte-avions, grâce à son train d'atterrissage renforcé et son système de catapultage. Ces caractéristiques en font l'un des avions de combat les plus avancés au monde, rivalisant avec des appareils comme le F-35 américain ou le Su-35 russe.
Ce vol de démonstration s'inscrit dans un contexte où la France cherche à renforcer sa présence militaire et ses partenariats stratégiques à l'international. L'Égypte, destination finale de la mission, est un partenaire clé pour Paris, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité. Les deux pays ont signé en 2015 un contrat d'achat de 24 Rafale pour un montant de 5,2 milliards d'euros, incluant des options pour 12 appareils supplémentaires. Cette coopération s'étend aussi à des exercices militaires communs et à des ventes d'équipements électroniques et de systèmes de défense. Par ailleurs, l'Alaska, point de départ de la mission, abrite des bases américaines stratégiques, notamment pour la défense antimissile et la surveillance de l'espace aérien nord-américain. Le survol de cette région souligne la capacité du Rafale à opérer dans des environnements variés et sous haute surveillance.
Organiser un vol de cette envergure implique une planification minutieuse, car il faut obtenir les autorisations de survol pour chaque pays traversé, coordonner les ravitaillements en carburant et assurer la maintenance des appareils en vol. Les Rafale étaient accompagnés d'un avion de transport **A330 MRTT** (Multi Role Tanker Transport), un ravitailleur en vol développé par **Airbus**, capable de ravitailler les chasseurs en plein ciel pour allonger leur rayon d'action. Ce type de mission démontre la capacité de la France à projeter sa puissance militaire à l'échelle mondiale, un atout dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. Elle permet aussi de tester les procédures d'urgence et la réactivité des équipages face à des situations imprévues, comme des pannes techniques ou des changements de dernière minute dans les itinéraires.

