L’administration Trump n’est pas pressée de conclure un accord avec le Canada
Pas question de « signer n'importe quelle entente », dit le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis.
Selon Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, l’administration du président Donald Trump n’a aucune urgence à conclure un nouvel accord commercial avec le Canada, malgré les tensions récentes. Greer a déclaré à la chaîne américaine CNBC que les États-Unis sont « satisfaits » de la situation actuelle, bien que les deux pays soient engagés dans un différend commercial depuis la réélection de Trump. Les échanges commerciaux entre les deux nations restent actifs, notamment pour des produits comme le pétrole, le gaz, la potasse et les produits agricoles. Cependant, les États-Unis refusent de signer un accord « n’importe lequel », insistant sur la nécessité de trouver une entente qui leur soit avantageuse. Cette position contraste avec les attentes canadiennes, qui espéraient une résolution rapide des négociations.
Le ministre canadien du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a réagi aux propos de Greer en affirmant que les voies de dialogue avec les États-Unis restent ouvertes. Il a précisé que le Canada est prêt à négocier, mais refuse de signer un accord qui ne respecterait pas sa souveraineté ou ses intérêts. LeBlanc a souligné que les discussions ne sont pas encore formelles, mais que le Canada reste ouvert à une entente équilibrée. Cette position reflète la volonté canadienne de protéger ses secteurs économiques clés, comme l’agriculture ou l’industrie, face aux pressions américaines. Le Canada insiste sur le fait que toute négociation doit se faire dans le respect mutuel.
Les tensions commerciales se sont aggravées depuis l’échec des négociations le mois dernier. Le 22 août, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes, une mesure de rétorsion contre les politiques commerciales canadiennes. En réponse, le Canada a commencé à percevoir des droits de douane de rétorsion le 8 septembre. Ces mesures s’ajoutent à des droits de douane déjà existants sur des produits comme l’acier, l’aluminium, les automobiles et le bois d’œuvre. Dès la semaine prochaine, l’administration Trump prévoit d’interdire l’importation de certains produits canadiens, dont la mélasse, les motos et l’alcool. Ces décisions illustrent une escalade des tensions commerciales entre les deux pays.
Les relations entre les États-Unis et le Canada se sont également dégradées sur le plan politique. Le président **Donald Trump** a multiplié les provocations, comme publier une carte de l’Amérique du Nord où le drapeau américain recouvre le Canada. Il a également partagé une caricature le représentant debout au-dessus du premier ministre canadien **Mark Carney**, affalé lors d’un match de hockey, avec la légende « Lève-toi, gouverneur ». Trump est allé jusqu’à signer un décret pour renommer le lac Ontario en « lac d’Amérique ». Ces actes symboliques reflètent une volonté américaine de marquer sa domination économique et politique sur le Canada, tout en critiquant ouvertement ses dirigeants.

