Cinémathèque Afrique : 5 pépites à voir sur TV5MONDE+
La Cinémathèque Afrique de l’Institut français constitue l’une des plus importantes collections de films africains réalisés des années 1950 à nos jours. Créée en 1961, elle a participé à l’émergence d’une génération de cinéastes pionniers d’Afrique.
La Cinémathèque Afrique est une collection majeure de films africains créée en 1961 par l’Institut français. Elle rassemble plus de 1 700 films produits entre les années 1950 et aujourd’hui, issus de 45 pays du continent. Cette initiative a joué un rôle clé dans la reconnaissance et la diffusion du cinéma africain, notamment en soutenant des cinéastes pionniers. Aujourd’hui, 9 œuvres de cette collection sont accessibles gratuitement sur la plateforme TV5MONDE+, offrant ainsi un accès public à des films historiques et culturels. La Cinémathèque Afrique illustre l’importance de préserver et de valoriser le patrimoine cinématographique africain, tout en mettant en lumière des récits souvent méconnus en dehors du continent.
Réalisé en 1975 par le Sénégalais Ben Diogaye Beye, Les Princes noirs de Saint-Germain-des-Prés est une comédie qui raconte l’histoire de jeunes Africains de l’Ouest arrivant à Paris, se faisant passer pour des héritiers de royaumes africains pour séduire des Parisiennes. Le film utilise une bande-son afro-jazz légère pour aborder avec ironie les stéréotypes coloniaux persistants, notamment la fascination pour l’exotisme africain en Europe. Ce long-métrage de 1975 reflète les tensions culturelles et les imaginaires liés à la colonisation, tout en critiquant les fantasmes entretenus sur l’Afrique. Il s’agit d’une œuvre à la fois divertissante et engagée, typique des productions de la Cinémathèque Afrique.
Sorti en 1988 et réalisé par l’Ivoirien Henri Duparc, Bal poussière est une comédie de mœurs féministe qui aborde la question de la polygamie en Côte d’Ivoire. Le film suit l’histoire de Binta, une femme indépendante revenue de la ville, qui refuse de se soumettre aux règles imposées par un riche agriculteur ayant cinq épouses. Ce long-métrage dénonce avec humour une pratique interdite en Côte d’Ivoire depuis 1964, tout en célébrant l’émancipation des femmes. Bal poussière est devenu un succès international, salué pour son ton à la fois léger et percutant, ainsi que pour sa critique sociale. Il illustre le rôle du cinéma africain dans la promotion des droits des femmes.
Produit en 1966 par le Nigérien Moustapha Alassane, Le retour d’un aventurier est une parodie de western qui tourne en dérision les mythes américains, comme le cow-boy, tout en moquant les conflits de générations dans une société africaine en mutation. Le film raconte l’histoire de Jimmy, un homme de retour des États-Unis qui offre des costumes de cow-boys à ses amis, semant le chaos dans leur village. Moustapha Alassane, considéré comme un pionnier du cinéma africain, utilise l’humour et la satire pour critiquer l’admiration excessive pour les cultures étrangères. Ce film de 1966 reflète les tensions entre tradition et modernité en Afrique postcoloniale.
Réalisé en 1969 par Henri Duparc, Mouna ou le rêve d’un artiste est un moyen-métrage qui mêle humour, satire et fantastique. L’histoire suit un sculpteur de masques ivoirien dont les créations prennent vie, illustrant les rêves et les délires d’un artiste en quête de reconnaissance. Ce film, premier long-métrage de Duparc, se distingue par son style décalé et son ancrage dans la société ivoirienne de l’époque. Il aborde des thèmes comme la création artistique, la folie et les attentes sociales, le tout avec une touche de fantastique. L’œuvre est représentative du cinéma africain des années 1960, qui explorait des récits à la fois locaux et universels.
Produit en 1979 par le Congolais Jean-Michel Tchissoukou, *La Chapelle* est un film humoristique qui explore la confrontation entre les religions traditionnelles africaines et l’Église catholique au début du XXe siècle. L’histoire se concentre sur la construction laborieuse d’une chapelle dans un village congolais, où les croyances locales et le christianisme s’affrontent. Ce film, resté invisible pendant près de 50 ans, a été restauré en 2023 et redécouvert grâce à la Cinémathèque Afrique. *La Chapelle* illustre les tensions religieuses et culturelles de l’époque postcoloniale, tout en utilisant l’humour pour aborder un sujet sérieux. Il s’agit d’une œuvre clé pour comprendre les dynamiques sociales et religieuses en Afrique centrale.

