Face à une France livrée au “chaos”, Macron apparaît “impuissant” et sans poids politique
Après deux jours de “chaos”, marqués par les violences et pillages commis en marge des manifestations, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français dimanche soir pour “tenter de reprendre la main”. Mais pour la presse internationale, l’absence d’annonces concrètes trahit un président “impuissant” et “dépouillé de tout capital politique”..
En octobre 2026, la France traverse une crise sociale majeure marquée par des manifestations violentes et des pillages, notamment dans les grandes villes comme Paris. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions liées aux revendications des lycéens et étudiants, ainsi qu'à des frustrations économiques plus larges. Les violences incluent des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, des incendies de véhicules et de poubelles, ainsi que des jets de projectiles. Les forces de l'ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, aggravant la situation. Cette crise est décrite comme l'une des pires émeutes qu'ait connues la France depuis des décennies, avec des dégâts matériels et humains importants.
Face à cette crise, le président français Emmanuel Macron a prononcé un discours solennel à la télévision le 18 octobre 2026, reconnaissant la colère et la honte ressenties par la population. Il a tenté de distinguer les manifestants pacifiques des casseurs, promettant des sanctions contre ces derniers et accusant l'ultragauche d'attiser les violences. Cependant, son allocution a été jugée insuffisante par la presse internationale, car il n'a pas annoncé de mesures concrètes fortes, comme l'instauration de l'état d'urgence (mesure exceptionnelle permettant au gouvernement de restreindre certaines libertés pour rétablir l'ordre). Macron a évoqué la possibilité pour les préfets de coordonner avec les maires l'interdiction de certains rassemblements ou la mise en place de couvre-feux, mais sans préciser les modalités.
Les médias étrangers soulignent l'absence d'annonces tangibles de la part d'Emmanuel Macron, malgré les demandes pressantes de la droite et des manifestants. Il a promis une réunion entre le chef du gouvernement, les partis politiques, les syndicats et les représentants des jeunes pour discuter des revendications liées au pouvoir d'achat et à l'éducation, mais sans calendrier précis ni engagements fermes. Concernant le pouvoir d'achat, Macron a mentionné une possible baisse des prix des carburants lors d'un déplacement diplomatique dans le Golfe Persique, sans donner de détails. Il a également évoqué la nécessité de rétablir l'ordre et d'apaiser les tensions, mais sans proposer de concessions majeures aux manifestants. Enfin, il a promis de la transparence sur le comportement des forces de l'ordre, sans aborder les accusations de violences policières.
La presse étrangère, notamment suisse (Le Temps), américaine (The New York Times), espagnole (El País) et britannique (The Guardian), critique vivement l'inaction d'Emmanuel Macron. Les médias soulignent son absence de leadership face à la crise, avec des formules jugées trop générales et un manque de vision politique. The Daily Telegraph estime que la révolte actuelle a « dépouillé » Macron des derniers restes de son capital politique (influence et légitimité accumulées au fil des années), déjà affaibli par sa décision controversée de convoquer des élections anticipées en 2024. Le Soir (Belgique) va plus loin en accusant Macron d'avoir échoué à améliorer le quotidien des lycéens, des classes moyennes et des habitants des banlieues, contribuant à un sentiment de déclin national.
Les médias étrangers s'inquiètent des conséquences politiques de cette crise. La Vanguardia (Espagne) estime que le conflit ne montre aucun signe d'essoufflement et que la situation exige une action urgente pour éviter une escalade. Le Soir craint que la France ne subisse une « double peine » : l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite (forces politiques radicales) lors des prochaines élections présidentielles, prévue dans six mois, suivie d'une période de chaos politique et social. Cette polarisation extrême est attribuée à l'incapacité des partis traditionnels à répondre aux attentes de la population, favorisant l'émergence de mouvements radicaux.
La crise survient dans un contexte économique difficile pour la France, décrite comme « au bord de la crise financière ». Le pays connaît un *syndrome du déclin*, caractérisé par un appauvrissement général, une perte de confiance dans les institutions et une polarisation accrue de la société. Les classes moyennes et les jeunes sont particulièrement touchés, avec des difficultés croissantes en matière de pouvoir d'achat et d'accès à l'éducation. Les médias soulignent que Macron, malgré dix ans de pouvoir, n'a pas réussi à inverser cette tendance, contribuant à un sentiment de désillusion et de colère parmi la population.

