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Géopolitique

En Guinée-Bissau, l’ex-président Embaló interdit de rentrer avant les élections

Courrier International · mis à jour 5 oct.

Près d’un an après le coup d’État qui l’a chassé du pouvoir, l’ancien chef de l’État Umaro Sissoco Embaló, exilé au Maroc, entend se présenter à la présidentielle du 6 décembre, qui se tiendra en même temps que des législatives. Mais les militaires lui interdisent de rentrer au pays et ont démantelé ses forces spéciales, dénoncées par la société civile comme des “escadrons de terreur”..

Contexte politique

En Guinée-Bissau, un petit pays d'Afrique de l'Ouest de langue portugaise, la situation politique est tendue depuis novembre 2025. À cette date, un coup d'État a renversé l'ancien président Umaro Sissoco Embaló, qui dirigeait le pays depuis 2020. Les résultats de la présidentielle organisée à cette époque n'ont jamais été officiellement proclamés, ce qui a alimenté les tensions. Embaló, aujourd'hui en exil au Maroc, tente de se présenter à nouveau à l'élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026, en même temps que des législatives. Cependant, les militaires qui ont pris le pouvoir lui interdisent de rentrer dans le pays, invoquant des raisons de sécurité nationale. Cette interdiction illustre les profondes divisions politiques qui traversent la Guinée-Bissau.

Interdiction de retour

Umaro Sissoco Embaló, depuis son exil au Maroc, a annoncé son intention de rentrer en Guinée-Bissau pour préparer sa campagne électorale. Cependant, le haut commandement militaire du pays a bloqué son retour, initialement prévu pour le 4 octobre 2026. Les autorités militaires justifient cette décision par des impératifs de sécurité nationale et de préservation de l'ordre public. Cette interdiction s'ajoute à une mesure plus large : les forces spéciales d'Embaló, souvent critiquées par la société civile, ont été démantelées. Ces forces étaient qualifiées par leurs détracteurs d'escadrons de terreur, une expression utilisée pour dénoncer des méthodes jugées violentes ou arbitraires. Cette situation place Embaló dans une position délicate, alors qu'il cherche à se réengager dans la vie politique du pays.

Stratégie d'apaisement

Malgré les obstacles, Embaló adopte une posture conciliante pour tenter de désamorcer les tensions. Dans un message publié par le quotidien bissau-guinéen O Democrata, il appelle ses partisans à la sérénité et leur demande de ne rien entreprendre qui puisse menacer la paix ou la stabilité du pays. Il insiste sur la nécessité de placer l'intérêt national au-dessus des divergences politiques, déclarant : « Nous sommes tous Guinéens et condamnés à vivre ensemble. » Cette stratégie vise à rassurer la population et les autorités militaires, tout en maintenant ses ambitions politiques. Embaló affirme vouloir préparer démocratiquement les prochaines élections, malgré les restrictions qui pèsent sur lui.

Enjeux électoraux

Les prochaines élections en Guinée-Bissau, prévues pour le 6 décembre 2026, revêtent une importance particulière. Elles comprendront à la fois une présidentielle et des législatives, ce qui en fait un scrutin clé pour l'avenir du pays. Ces élections surviennent dans un contexte de forte instabilité politique, marqué par le coup d'État de novembre 2025 et les tensions persistantes entre les militaires et les civils. La société civile joue un rôle actif dans le débat, dénonçant notamment les méthodes des forces spéciales d'Embaló. La communauté internationale observe de près ces élections, qui pourraient déterminer si la Guinée-Bissau parvient à rétablir un ordre démocratique ou si les tensions persistent.

Ce que ça pourrait changer

Les militaires occupent une place centrale dans la crise politique actuelle en Guinée-Bissau. Après avoir renversé Embaló en novembre 2025, ils ont pris le contrôle des institutions et continuent d'exercer une influence majeure sur la vie politique. Leur décision d'interdire le retour d'Embaló et de démanteler ses forces spéciales montre leur volonté de maintenir leur emprise sur le pouvoir. Les militaires justifient ces mesures par des raisons de sécurité, mais leurs actions sont critiquées par une partie de la société civile, qui les accuse de fragiliser la démocratie. Leur rôle reste donc un sujet de débat intense, alors que le pays se prépare à des élections sous haute tension.

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