NapseflowNapseflow
Société

Abandoned on the road to the Ring of Fire

Ricochet · mis à jour il y a 18 j

In the path of raging forest fires, First Nations leaders say poor communication with the Ontario government is putting their communities at risk The post Abandoned on the road to the Ring of Fire appeared first on Ricochet..

Incendies en Ontario

Depuis le 15 juillet 2026, plusieurs communautés autochtones du nord de l'Ontario, comme Eabametoong (Fort Hope) et Neskantaga (Landsdowne House), sont touchées par des incendies de forêt d'une intensité exceptionnelle. À Eabametoong, un épais brouillard de fumée persiste depuis trois jours, forçant les aînés et les personnes vulnérables à attendre une évacuation qui tarde à se concrétiser. Les fumées, si denses qu'elles ont cloué au sol les avions à l'aéroport le plus proche (Nakina, à 175 km), proviennent de feux de forêt qui encerclent la communauté. Le chef Sol Atlookan de Eabametoong critique l'absence de priorité accordée à l'évacuation de sa communauté, soulignant que les gouvernements provincial et fédéral semblent davantage préoccupés par l'exploitation minière dans la région, notamment le projet du Ring of Fire (une zone de 5 500 km² riche en minerais).

Urgence humanitaire

La situation à Neskantaga est particulièrement critique : cette communauté de la Première Nation Landsdowne House est en état d'urgence depuis le 17 juillet 2026, avec des feux à seulement 10 km de la localité. Les fumées s'infiltrent dans les maisons, et les habitants manquent d'eau potable (la communauté est sous boil-water advisory depuis 11 491 jours, soit plus de 31 ans), de nourriture, de carburant et de médicaments. Le chef Gary Quisess a tenté d'évacuer sa communauté, mais les vols ont été annulés en raison des conditions météo. Une famille avec un nourrisson, bloquée à l'aéroport de Thunder Bay où tous les hôtels sont complets, a dû être hébergée par des bénévoles. Neskantaga s'oppose depuis 2025 au projet de loi Bill 5 de l'Ontario, qui permet de créer des zones économiques spéciales où les réglementations environnementales peuvent être contournées pour faciliter l'exploitation des ressources.

Évacuations improvisées

Face à l'inaction des autorités, plusieurs chefs autochtones ont dû organiser eux-mêmes des évacuations. Le chef Sonny Gagnon d'Aroland a conduit un bus scolaire transportant des aînés et des personnes vulnérables sur 15 heures de route (650 km) jusqu'à Sudbury, sans soutien des autorités provinciales. Les ambulances de la communauté ont dû transporter des personnes en détresse respiratoire sur 65 km jusqu'à l'hôpital de Geraldton. Gagnon, ancien pompier, souligne que l'Ontario n'a fourni aucune information sur l'évolution des feux ni sur les mesures à prendre. De même, le chef Wilfred King de Gull Bay a évacué sa communauté sans obtenir de directives claires de la province. Ces situations révèlent un manque criant de coordination entre les gouvernements et les Premières Nations, malgré l'urgence vitale.

Réactions politiques

Les dirigeants autochtones et les élus locaux dénoncent l'absence de soutien concret des gouvernements. Le 19 juillet 2026, la députée Patty Hajdu (libérale, ancienne ministre des Services autochtones) a annoncé que les personnes vulnérables de Eabametoong seraient évacuées le jour même, après des jours d'attente. Le conseil tribal Matawa, représentant huit Premières Nations de la région, a déclaré l'état d'urgence le 17 juillet et exige le déploiement immédiat des Forces armées canadiennes, de la Croix-Rouge et des Rangers canadiens. L'élue néo-démocrate Lise Vaugeois a critiqué l'absence de communication de la part du gouvernement progressiste-conservateur de l'Ontario, accusant les autorités de jouer la politique avec des vies en danger. Elle a souligné que même les représentants locaux ne recevaient pas d'informations sur les évacuations en cours.

Ce que ça pourrait changer

Les incendies surviennent dans une région au cœur d'un conflit économique majeur : le *Ring of Fire*, un gisement minier de 5 500 km² riche en nickel, chrome et autres minerais stratégiques. Le gouvernement ontarien souhaite construire une route (*Corridor To Prosperity*) pour relier cette zone aux infrastructures existantes, un projet controversé qui nécessite le consentement des communautés autochtones concernées. Cependant, les dirigeants comme Gagnon remettent en cause la sincérité des promesses gouvernementales. Gagnon, qui a longtemps soutenu la construction de la route vers **Marten Falls**, déclare désormais que les autorités « veulent prendre, mais ne veulent pas donner ». Le projet de loi **Bill 5**, adopté en 2025, permet à l'Ontario de contourner les réglementations environnementales pour accélérer les projets miniers, ce qui suscite l'opposition des Premières Nations comme Neskantaga.

Sujets complémentaires