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Les centres de données inondent Québec de demandes d’électricité

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 oct.

Avec l'IA, l'appétit de l'industrie est immense, même avec la hausse de tarif prévue par Hydro-Québec..

Demande record d'électricité

Le gouvernement du Québec fait face à une demande sans précédent d'électricité de la part des centres de données, ces immenses installations qui hébergent des milliers de serveurs pour stocker et traiter des données. Ces demandes totalisent actuellement 2500 mégawatts (MW), soit l'équivalent de la consommation électrique de 2 millions de résidences québécoises. Cette situation est inédite et reflète l'explosion de l'industrie, stimulée par la croissance de l'intelligence artificielle (IA). Hydro-Québec, la société d'État qui gère l'électricité au Québec, n'a pas les capacités pour répondre à une telle demande, mais elle révèle ainsi l'ampleur de l'appétit de ce secteur. Sarah Trabelsi, cheffe de la tarification chez Hydro-Québec, souligne que ces demandes sont « sans précédent et sans comparable ».

Impact futur sur le réseau

Hydro-Québec estime que d'ici 2035, 20 % de la demande additionnelle d'électricité au Québec proviendra des centres de données. Actuellement, ces installations consomment déjà 190 MW, et le gouvernement leur a déjà attribué entre 700 et 1000 MW pour des projets en cours. Selon les projections, 1102 MW seront nécessaires d'ici 2035, un chiffre qui pourrait être sous-estimé en raison de la croissance rapide de l'industrie. Cette situation crée une pression sur les ressources énergétiques limitées du Québec, au point qu'il faudrait construire deux nouveaux complexes hydroélectriques de la taille de la Romaine pour répondre à la demande. Aux États-Unis, une demande similaire a déjà fait monter les prix de l'électricité, car les nouvelles infrastructures énergétiques sont financées par l'ensemble des consommateurs.

Proposition de tarif majoré

Pour limiter l'impact de cette demande sur les autres consommateurs, Hydro-Québec propose à la Régie de l'énergie d'augmenter le tarif appliqué aux centres de données. Le prix passerait de 4,3 cents le kilowattheure (kWh) à 13 cents, un tarif qui reflète le coût réel de production de nouvelles unités d'électricité. Les autres consommateurs, eux, bénéficient d'un tarif moyen de 4,8 cents, car il intègre le faible coût des centrales hydroélectriques existantes. Cette hausse serait progressive sur cinq ans. Le gouvernement du Québec soutient cette mesure, car elle permet de financer le développement du réseau sans alourdir la facture des ménages. Pourtant, malgré cette augmentation, l'intérêt des centres de données pour l'électricité québécoise ne faiblit pas.

Opposition des géants du numérique

Des entreprises comme Google s'opposent à cette hausse de tarif et participent aux audiences de la Régie de l'énergie pour défendre leurs intérêts. Google, par exemple, souhaite obtenir 380 MW d'électricité pour un projet à Beauharnois, en Montérégie. Cette demande équivaut à la consommation de toutes les résidences de Longueuil. D'autres acteurs, comme la société Keel Infrastructure avec un projet controversé à Sherbrooke, sont également en désaccord. Certaines industries craignent que cette hausse ne soit qu'une première étape avant d'étendre le principe à d'autres secteurs. Par ailleurs, les centres de données ne peuvent pas réduire leur consommation pendant les pics hivernaux, contrairement à d'autres industries, ce qui complique leur gestion énergétique.

Ce que ça pourrait changer

Le Canada connaît une explosion des projets de centres de données, avec 159 projets en construction ou en planification en juillet 2026, selon une étude de l'Université York. Parmi eux, 116 devraient dépasser 100 MW, une première au pays. Ces projets soulèvent des inquiétudes environnementales et sociales, notamment en raison de leur forte consommation d'eau pour refroidir les serveurs et de leur impact sur les ressources énergétiques. Une opposition citoyenne et locale émerge dans plusieurs régions, remettant en cause le développement de cette industrie. Le Québec, avec ses ressources hydroélectriques abondantes et renouvelables, reste une cible privilégiée, mais la pression sur les infrastructures et l'environnement s'intensifie.

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