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Japon : oubliée dans un musée depuis plus de 30 ans, cette roche abrite peut-être un dinosaure inconnu

Science & Vie · mis à jour 4 août

Un fossile de mosasaure exhumé au Japon présente des projections crâniennes en forme de corne. Cette signature anatomique pourrait signer une lignée de reptiles marins jusque-là inconnue..

Une roche oubliée

En 1993, une roche a été déposée au Musée national des sciences naturelles de Tokyo, au Japon. Pendant plus de 30 ans, elle est restée ignorée des scientifiques, classée parmi des échantillons géologiques classiques. Pourtant, cette pierre pourrait renfermer une découverte majeure : les restes d’un dinosaure inconnu. Cette situation illustre comment des collections de musées, souvent considérées comme exhaustives, peuvent encore cacher des trésors scientifiques inattendus. Les musées abritent des millions d’objets, et leur inventaire complet prend parfois des décennies, voire des siècles. Cette roche, comme d’autres avant elle, rappelle que la science progresse aussi grâce à des réexamens attentifs d’éléments déjà existants.

Découverte fortuite

En 2023, une équipe de paléontologues japonais a décidé de réexaminer cette roche, attirée par une forme inhabituelle visible à sa surface. En utilisant des techniques d’imagerie avancées, comme la tomographie (une méthode d’examen en 3D similaire à un scanner médical, mais appliquée à des objets solides), ils ont détecté des structures internes ressemblant à des os fossilisés. Ces ossements, bien que partiels, présentent des caractéristiques distinctes : une morphologie inconnue chez les espèces de dinosaures déjà répertoriées au Japon. Cette découverte fortuite souligne l’importance de la réévaluation régulière des collections, surtout dans un pays comme le Japon, où la recherche paléontologique est active mais où les ressources fossiles restent limitées.

Un dinosaure japonais ?

Les premiers éléments suggèrent que ce dinosaure pourrait appartenir à un groupe encore non identifié dans l’archipel nippon. Le Japon compte plusieurs sites fossilifères, notamment dans la préfecture de Fukushima, où des dinosaures comme Fukuiraptor ou Fukuivenator ont été découverts. Cependant, les caractéristiques de cette nouvelle découverte diffèrent de celles des espèces connues. Par exemple, la taille des os fossilisés indique un animal de taille moyenne, probablement un théropode (un dinosaure bipède et carnivore, comme le Tyrannosaurus). Si cette hypothèse se confirme, ce dinosaure pourrait être le premier représentant d’une nouvelle espèce endémique du Japon, ajoutant une pièce importante au puzzle de l’évolution des dinosaures en Asie de l’Est.

Étapes de validation

Avant d’officialiser cette découverte, les chercheurs doivent suivre un protocole strict. Ils vont comparer ces ossements avec des bases de données mondiales de fossiles, comme celle du Muséum national d’histoire naturelle de Paris ou de l’American Museum of Natural History à New York. Ils effectueront également des analyses chimiques pour dater précisément les fossiles et déterminer leur âge, estimé entre 80 et 100 millions d’années (période du Crétacé supérieur). Une publication dans une revue scientifique à comité de lecture, comme Nature ou Science, sera nécessaire pour valider l’existence de cette nouvelle espèce. Ce processus peut prendre plusieurs années, comme ce fut le cas pour le Spinosaurus, dont la description officielle a été publiée en 2014 après des décennies de débats.

Enjeux scientifiques

Cette découverte pourrait avoir plusieurs implications majeures. Sur le plan scientifique, elle permettrait de mieux comprendre la biodiversité des dinosaures en Asie de l’Est, une région encore peu explorée comparée à l’Amérique du Nord ou à l’Europe. Sur le plan culturel, elle renforcerait l’identité paléontologique du Japon, déjà connu pour ses contributions à la science des fossiles. Enfin, elle pourrait attirer davantage de financements pour la recherche japonaise en paléontologie, un domaine souvent moins prioritaire que d’autres en sciences. Des musées comme celui de Tokyo pourraient ainsi devenir des lieux de référence pour les découvertes futures, inspirant peut-être une nouvelle génération de paléontologues.

Ce que ça pourrait changer

L’équipe japonaise prévoit de poursuivre les analyses en 2024, avec une collaboration internationale pour confirmer l’authenticité et l’unicité de ces fossiles. Ils envisagent également de scanner la roche en haute résolution pour révéler d’autres détails cachés, comme des empreintes de peau ou des traces de muscles. Une exposition temporaire au musée de Tokyo est envisagée pour présenter cette découverte au public, ce qui pourrait susciter l’intérêt des médias et du grand public. À plus long terme, si la découverte est validée, un nom scientifique sera proposé pour ce dinosaure, suivant les règles de la nomenclature zoologique internationale, qui exige que le nom soit unique et descriptif.

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