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Vous avez l’impression de parler à des PNJ sur LinkedIn ? Cette étude le confirme

Numerama · mis à jour il y a 25 j

Publiée le 9 juillet 2026, une analyse de Pangram portant sur plus d’un million de contenus confirme que LinkedIn est devenu un terrain particulièrement fertile pour les publications entièrement générées par IA..

Une étude sur l'IA

Une analyse publiée le 9 juillet 2026 par l'entreprise Pangram, spécialisée dans la détection de textes générés par intelligence artificielle (IA), révèle que LinkedIn est la plateforme la plus saturée en contenus entièrement produits par des outils d'IA. Cette étude s'appuie sur l'examen de plus d'un million de publications (1 002 627 exactement) issues de LinkedIn, Reddit, X (anciennement Twitter), Medium et Substack. Pangram utilise une extension Chrome qui permet aux utilisateurs de détecter les textes suspects lors de leur navigation sur les réseaux sociaux. Les résultats sont ensuite partagés anonymement avec l'entreprise pour constituer un corpus d'analyse. Les données montrent que 13,8 % de l'ensemble des textes analysés sont entièrement générés par IA, un chiffre qui atteint 25,72 % pour les publications de plus de 250 mots, définies comme du long format.

LinkedIn en tête

Parmi les plateformes étudiées, LinkedIn se distingue particulièrement : bien qu'il ne représente qu'environ un tiers des contenus analysés, il concentre à lui seul 62 % des textes entièrement générés par IA. Plus de 40 % des posts LinkedIn dépassant 250 mots seraient ainsi produits par une machine. Cette surreprésentation s'explique en partie par les fonctionnalités d'aide à la rédaction proposées par LinkedIn, comme le bouton « Améliorer la publication » (anciennement « Écrire avec l'IA »), qui facilite la création de contenus automatisés. Les publications principales sont plus touchées que les commentaires, avec un risque 1,35 fois plus élevé d'être générées par IA. Cependant, les commentaires longs sont eux aussi concernés, parfois rédigés par des assistants automatisés pour maximiser la visibilité des posts.

Formes d'utilisation

L'étude de Pangram distingue deux catégories de contenus liés à l'IA : ceux entièrement générés par une machine et ceux partiellement assistés, retouchés ou reformulés. Si LinkedIn domine pour les textes 100 % artificiels, X (Twitter) devient la plateforme la plus concernée lorsque l'on inclut les contenus partiellement générés : près de la moitié des posts analysés sur X auraient été assistés par une IA. Substack, en revanche, est moins touché, avec environ un article sur cinq concerné. Sur Reddit, les réponses restent majoritairement humaines, mais les publications à l'origine des discussions sont souvent artificielles. Cette répartition montre que l'IA est utilisée différemment selon les plateformes et les usages.

Conséquences et réactions

L'accumulation de contenus générés par IA sur LinkedIn pose un défi majeur pour la qualité du réseau professionnel. Les publications génériques, répétitives ou sans valeur ajoutée risquent de saturer le fil d'actualité et de réduire l'intérêt des utilisateurs. Pour y répondre, LinkedIn a mis en place un système de détection interne visant à limiter la visibilité des posts jugés trop artificiels, sans pour autant les supprimer systématiquement. Cette approche vise à préserver l'expérience utilisateur tout en reconnaissant l'existence du phénomène. Cependant, les chiffres de Pangram, bien que basés sur un échantillon important, ne proviennent pas d'une étude académique indépendante et dépendent des utilisateurs ayant installé l'extension Chrome de l'entreprise.

Ce que ça pourrait changer

Les contenus générés par IA sur LinkedIn suivent souvent des schémas répétitifs et reconnaissables. Par exemple, des posts commencent par des phrases comme *« J’ai longtemps hésité avant de partager ceci »*, enchaînent sur des révélations comme *« Et là, j’ai compris une chose essentielle »*, puis transforment des événements anodins (un café renversé, un retard de train) en leçons de leadership ou de résilience. Les commentaires, quant à eux, peuvent être des formules toutes faites comme *« Merci pour ce partage inspirant »* ou *« Cela résonne profondément avec mon parcours »*, parfois générées automatiquement pour booster l'engagement. Ces pratiques donnent l'impression de parler à des *PNJ* (*personnages non-joueurs*), des entités programmées pour interagir de manière prévisible et dénuée d'originalité.

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