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Généraliste

Tirer des roches aux Anglais

Le Devoir · mis à jour il y a 9 j

Ces jours-ci, les Anglos se sentent attaqués dans leur dignité de citoyen québécois. À raison..

Contexte politique

L’article est une chronique de Jean-François Lisée, ancien chef du Parti québécois (PQ), publiée dans le journal Le Devoir. Il aborde la question linguistique au Québec, un sujet récurrent dans le débat public. L’auteur y évoque ses prises de position passées sur la langue française, notamment son soutien à des mesures pour renforcer l’usage du français, comme l’obligation d’une connaissance du français pour les immigrants ou l’évaluation des finissants des cégeps et universités anglophones. Il mentionne aussi son opposition à certaines propositions radicales, comme le retour à l’unilinguisme français dans l’affichage, qu’il qualifie de mesures contre-productives. Il cite une phrase célèbre de Lucien Bouchard, alors premier ministre, qui illustre sa vision pragmatique : « Lorsqu’on se rend à l’hôpital, on a peut-être besoin d’un test de sang, mais certainement pas d’un test de langue ».

Mesures controversées

L’article critique une décision récente du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), dirigé par Christine Fréchette, qui consiste à envoyer les documents électoraux en français seulement, sans version anglaise systématique. Jusqu’en 2023, le Directeur général des élections (DGE) distribuait ces documents en français et en anglais. Désormais, seule une version française est envoyée, avec un code QR ou une adresse web pour accéder à une version anglaise en ligne. Cette mesure s’appuie sur la loi 96, une loi québécoise renforçant l’usage du français. L’auteur souligne que cette décision est perçue comme un manque de respect envers la communauté anglophone, un groupe minoritaire historique au Québec. Il rappelle que, malgré des décennies d’immersion en anglais, un Anglo-Québécois sur quatre admet ne pas comprendre le français, selon les données citées.

Réactions et enjeux

L’auteur explique que cette décision a suscité des réactions, notamment de la part des tribunaux, qui pourraient la juger inconstitutionnelle. Il mentionne que la loi 96 prévoit une disposition de dérogation, mais que celle-ci pourrait ne pas suffire à protéger la mesure. Il propose des solutions alternatives, comme l’envoi de documents bilingues ou avec prédominance du français aux électeurs des villes bilingues, ou l’utilisation des listes d’électeurs ayant droit à l’école anglaise pour cibler les anglophones. Il rappelle qu’une situation similaire avait été résolue en 1995, lors du référendum sur l’avenir du Québec, en incluant une version anglaise des documents dans la Gazette et les hebdomadaires anglophones. Il souligne que les Anglos-Québécois se sentent aujourd’hui personnellement attaqués dans leur dignité de citoyens, une perception qu’il comprend et soutient.

Ce que ça pourrait changer

L’auteur fait un parallèle entre la situation actuelle des anglophones au Québec et celle des Acadiens au Nouveau-Brunswick. Il imagine que si le Nouveau-Brunswick décidait de ne plus envoyer de documents électoraux en français aux Acadiens, une réaction forte s’ensuivrait. Il souligne que, malgré des décennies d’immersion en anglais, une partie des anglophones du Québec ne maîtrise pas le français, ce qui rend la mesure actuelle problématique. Il conclut en réaffirmant son soutien à la communauté anglophone, qu’il considère comme une minorité historique à respecter, tout en défendant l’importance de la langue française pour la nation québécoise. Il évoque enfin René Lévesque, figure emblématique du Québec, pour illustrer son positionnement dans ce débat.

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