Présidentielles en Outre-Mer / Les réseaux de "l'Internationale conservatrice" / Thomas Fersen : l'art de se réinventer
A 7h38, Julie Gacon reçoit le politiste Valentin Behr pour parler de la « remigration » et de ses réseaux..
L’émission Les Matins d’été sur France Culture consacre une partie de son édition du 25 août 2026 à la place des territoires d’Outre-mer dans la campagne des élections présidentielles françaises. Jeanne Belanyi, directrice de l’Observatoire de l’Outre-mer à la Fondation Jean-Jaurès, y analyse comment ces régions, souvent perçues comme périphériques, pourraient influencer le scrutin. Les Outre-mer, qui regroupent des territoires comme la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion ou encore la Polynésie française, représentent environ 2,7 millions d’habitants, soit près de 4 % de la population française. Leur poids électoral, bien que limité en nombre de voix, est stratégique pour les candidats en raison de leur diversité culturelle, géographique et géopolitique. Les enjeux locaux, comme l’autonomie, les questions environnementales ou les relations avec l’État, y sont souvent plus saillants qu’en métropole. Cette émission interroge ainsi la capacité des partis politiques à intégrer ces spécificités dans leur programme, alors que les débats nationaux peinent parfois à les aborder.
Valentin Behr, politiste et chercheur au CNRS (Centre européen de sociologie et de science politique), est invité pour discuter de l’Internationale conservatrice, un réseau informel de groupes et partis politiques partageant des idées communes, notamment en matière de migration, de souveraineté nationale et de valeurs traditionnelles. Ce terme désigne un ensemble d’acteurs dispersés géographiquement mais unis par une vision politique réactionnaire ou nationaliste, souvent opposée aux mouvements progressistes ou universalistes. Behr explique que ces réseaux s’organisent autour de think tanks, de médias alternatifs et de partis politiques, comme le Rassemblement National en France, le Parti Fratelli d’Italia en Italie, ou encore des groupes plus radicaux en Europe de l’Est. Leur coordination repose sur des échanges de stratégies, des financements croisés et une utilisation intensive des réseaux sociaux pour diffuser leurs idées. L’objectif affiché est de peser sur les politiques migratoires, comme en témoignent les manifestations pour le rapatriement des migrants organisées dans plusieurs capitales européennes, dont Rome en juin 2026. Ces mouvements s’appuient sur des thèmes comme la remigration, un concept controversé qui vise à organiser le retour forcé ou incité des personnes étrangères dans leur pays d’origine.
Thomas Fersen, chanteur-compositeur-interprète français, est l’invité culturel de l’émission pour évoquer son nouveau spectacle *Comme on quitte un imperméable*, joué à la Scala Paris. À 55 ans, Fersen revient sur sa carrière de plus de trois décennies, marquée par des albums cultes comme *Les Ronds de carotte* ou *Les Cordes sensibles*. Il explique comment il a su se réinventer à plusieurs reprises, passant d’un style folk poétique à des expérimentations plus rock ou électroniques, sans jamais renier son écriture intime et souvent humoristique. Son nouveau projet, décrit comme une métaphore de la transformation personnelle, s’inscrit dans une démarche de liberté artistique. Fersen aborde aussi les défis de l’industrie musicale, où les artistes doivent constamment s’adapter aux nouvelles plateformes et aux attentes changeantes du public. Cette interview met en lumière la résilience des créateurs face aux mutations du secteur, tout en soulignant l’importance de l’authenticité dans un monde saturé de contenus.

