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Alors qu'il pensait avoir trouvé une énorme pépite d'or, un Australien tenait en réalité un fragment plus vieux que le système solaire

Science & Vie · mis à jour 27 août

Une découverte fascinante en Australie révèle une roche bien plus précieuse que l'or. Ce fragment, vieux de 4,6 milliards d'années, offre un aperçu unique des débuts du système solaire et enrichit notre compréhension de la géologie planétaire..

Une pépite trompeuse

Un Australien, en prospectant pour de l’or dans une rivière, a découvert un fragment métallique qu’il a d’abord pris pour une énorme pépite. Après analyse, il s’est avéré que ce morceau n’était pas de l’or, mais un météorite bien plus ancien que notre système solaire. Les météorites sont des fragments de roches ou de métaux qui tombent sur Terre depuis l’espace. Leur âge peut dépasser celui de la Terre elle-même, soit environ 4,5 milliards d’années, car elles proviennent souvent de la formation du système solaire ou même d’étoiles plus anciennes. Ce fragment, en particulier, a été identifié comme un condrite (un type de météorite primitive) contenant des minéraux rares, dont certains se forment uniquement dans des environnements cosmiques extrêmes.

Un âge record

Les scientifiques ont déterminé que ce fragment est âgé d’environ 4,6 milliards d’années, soit plus vieux que le système solaire lui-même, qui s’est formé il y a environ 4,56 milliards d’années. Cette datation a été réalisée grâce à des techniques de mesure isotopique, une méthode qui analyse la composition des atomes dans la roche pour en déduire son âge. Les isotopes sont des variantes d’un même élément chimique qui diffèrent par leur nombre de neutrons. Par exemple, l’uranium-238 se désintègre en plomb-206 avec le temps, et en mesurant le rapport entre ces deux isotopes, les chercheurs peuvent estimer l’âge d’un échantillon. Ce fragment pourrait ainsi provenir d’une étoile morte bien avant la naissance du Soleil.

Une découverte rare

Les météorites primitives comme celle-ci sont extrêmement rares, car la plupart des fragments qui tombent sur Terre ont été altérés par des processus géologiques ou des collisions. Ce spécimen, surnommé Murchison (du nom de la région australienne où il a été trouvé), est particulièrement précieux pour les scientifiques. Il contient des composés organiques (molécules à base de carbone, comme les acides aminés) qui pourraient donner des indices sur l’origine de la vie sur Terre. En 1969, une météorite similaire, aussi nommée Murchison, avait déjà été étudiée pour ses acides aminés, renforçant l’hypothèse que les briques du vivant pourraient venir de l’espace.

Un trésor scientifique

La découverte de ce fragment offre une opportunité unique d’étudier les conditions qui régnaient dans l’univers avant même la formation de notre système solaire. Les chercheurs vont analyser sa composition minérale et isotopique pour comprendre les processus physiques et chimiques qui ont eu lieu dans le nuage moléculaire (un gigantesque nuage de gaz et de poussière où naissent les étoiles) à l’origine de notre galaxie. Cette analyse pourrait aussi aider à préciser les modèles de formation des planètes et des étoiles. Pour les scientifiques, chaque météorite primitive est une capsule temporelle qui livre des informations sur les premiers instants de l’univers.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte illustre comment la science peut parfois naître d’un simple hasard. L’Australien en question, David Hole, cherchait de l’or depuis des années sans succès. En 2015, il a utilisé un détecteur de métaux dans la région de Maryborough, en Australie, et a repéré un objet métallique dense et lourd, enveloppé dans une roche rougeâtre. Pensant tenir une pépite d’or, il a tenté de l’ouvrir avec une scie, sans succès. Ce n’est qu’après avoir fait analyser l’échantillon par des experts du *Musée de Melbourne* que la véritable nature du fragment a été révélée. Ce musée, spécialisé dans les collections géologiques et astronomiques, a confirmé son origine extraterrestre.

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