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La fumée des feux de forêt plus dangereuse que les autres formes de pollution de l’air

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 j

Cette fumée est associée à des risques plus élevés d'hospitalisation pour des maladies cardiovasculaires..

Fumée des feux plus toxique

Deux études américaines récentes démontrent que la fumée issue des feux de forêt est plus nocive pour la santé humaine que d’autres types de pollution atmosphérique. Ces recherches se concentrent sur les particules fines PM2,5, des particules microscopiques (moins de 2,5 micromètres de diamètre) capables de pénétrer profondément dans les poumons et même de passer dans le sang. Contrairement aux particules issues du trafic routier ou de l’industrie, celles provenant des feux de forêt contiennent des composés chimiques supplémentaires, comme des hydrocarbures aromatiques polycycliques, qui augmentent leur toxicité. Les scientifiques ont comparé les effets de ces particules à ceux d’autres sources de pollution et ont conclu que, pour une même quantité inhalée, la fumée des feux de forêt présente un risque sanitaire bien plus élevé.

Risques accrus pour les cancers

La première étude, publiée dans The Lancet Oncology, révèle que les particules PM2,5 issues des feux de forêt aggravent significativement le pronostic des patients atteints d’un cancer du poumon. Bien que ces particules ne représentent que 4 % du total des PM2,5 dans l’air, elles seraient responsables de 17 % de la mortalité liée à l’exposition globale à ces polluants. Les chercheurs soulignent que les patients déjà fragilisés par un cancer voient leur espérance de vie réduite par une exposition prolongée à cette fumée. Les résultats suggèrent que limiter l’exposition à ces particules pourrait être un moyen de réduire les risques supplémentaires pour ces personnes.

Hospitalisations en hausse

La seconde étude, parue dans Nature Communications, montre qu’une exposition à long terme aux PM2,5 des feux de forêt augmente les risques d’hospitalisation pour des maladies cardiovasculaires et respiratoires. Parmi les pathologies concernées figurent l’insuffisance cardiaque, l’hypertension, l’asthme, la pneumonie et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Les chercheurs ont observé que, pour une même concentration de particules dans l’air, celles issues des feux de forêt provoquent des effets plus marqués que celles provenant d’autres sources comme le trafic ou les industries. Ces résultats mettent en lumière l’urgence de mieux protéger les populations exposées à ces fumées, notamment dans les régions touchées par les incendies.

Origine des particules étudiées

Les études ont analysé spécifiquement les particules PM2,5 liées aux feux de forêt, en les comparant à d’autres sources de pollution atmosphérique. Les PM2,5 (particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres) sont un indicateur clé de la qualité de l’air, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Les feux de forêt libèrent des particules contenant des substances chimiques issues de la combustion incomplète du bois et de la végétation, comme des aldéhydes, des composés organiques volatils et des métaux lourds. Ces composants rendent la fumée des feux de forêt particulièrement agressive pour les poumons et le système cardiovasculaire.

Ce que ça pourrait changer

Ces recherches ont été menées aux États-Unis, mais leurs conclusions s’appliquent également au Canada, où les feux de forêt deviennent de plus en plus fréquents et intenses en raison du changement climatique. Les auteurs des études insistent sur la nécessité de prendre des mesures pour réduire l’exposition des populations à ces fumées, notamment en améliorant les systèmes d’alerte et en limitant les activités extérieures lors des épisodes de pollution intense. Ils rappellent que, bien que les PM2,5 soient un problème de santé publique majeur, celles issues des feux de forêt nécessitent une attention particulière en raison de leur toxicité accrue.

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