Après Samsung et SK Hynix, les salariés de Micron montent au front et réclament leur part des milliards de l’IA
Les fabricants de puces mémoires engrangent des superprofits grâce à l’avènement de l’intelligence artificielle. Leurs salariés veulent, eux aussi, voir la couleur de ces billets..
Les salariés de Micron, entreprise américaine spécialisée dans les semi-conducteurs, ont organisé une grève à 99% en faveur à Taïwan, sur le site de Taoyuan. Ce mouvement fait suite à l'annonce par la direction d'une prime exceptionnelle de 31 000 dollars par employé, jugée insuffisante. Les travailleurs réclament un accord pérenne incluant une prime unique et un partage fixe des profits, estimé à 15% du bénéfice d'exploitation. Cette demande s'inscrit dans un contexte où Micron, seul géant américain du secteur, profite de la demande croissante en mémoires pour l'intelligence artificielle (IA).
La grève de Micron s'ajoute à un mouvement plus large touchant l'industrie des semi-conducteurs. En 2026, les salariés de Samsung et SK Hynix, deux géants sud-coréens, ont également revendiqué une part des bénéfices liés à l'essor de l'IA. Samsung a accepté de redistribuer 10,5% de son bénéfice d'exploitation sous forme de primes, tandis que SK Hynix a accordé des bonus pouvant atteindre 400 000 dollars par salarié. Ces concessions illustrent la pression croissante des employés pour capter une partie des superprofits générés par l'IA, un secteur en pleine expansion.
Micron est un acteur majeur dans la production de mémoires DRAM et HBM, des composants essentiels pour les serveurs d'IA, notamment ceux de NVIDIA. En 2026, l'entreprise a rejoint le cercle très restreint des entreprises valorisées à plus de 1 000 milliards de dollars, aux côtés de Samsung et SK Hynix. Cette valorisation reflète son importance stratégique dans la chaîne d'approvisionnement mondiale, en particulier pour les technologies d'intelligence artificielle. La grève actuelle pourrait aggraver une pénurie de mémoires déjà observée depuis plusieurs mois sur le marché.
Les employés de Micron ne se contentent pas de rejeter la prime de 31 000 dollars proposée par la direction. Ils exigent un mécanisme pérenne de partage des profits, fixé à 15% du bénéfice d'exploitation. Cette revendication vise à sécuriser une part régulière des revenus de l'entreprise, en phase avec les bénéfices records enregistrés grâce à la demande en mémoires pour l'IA. Le mouvement s'inscrit dans une dynamique plus large où les salariés des géants technologiques cherchent à bénéficier de la croissance exceptionnelle de leur secteur.
La grève de Micron survient à un moment critique pour l'industrie des semi-conducteurs. Les mémoires DRAM et HBM sont des composants indispensables pour les serveurs d'IA, dont la demande explose. Une interruption de la production chez Micron pourrait aggraver la pénurie actuelle, déjà marquée par des tensions sur les prix et les délais d'approvisionnement. Les salariés, conscients de leur position stratégique, utilisent cette pression pour négocier des conditions de travail et de rémunération plus avantageuses.

