Starlink bridé en Ukraine, un ministre polonais tance Elon Musk : « Mon grand
Radosław Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, a interpellé Elon Musk, après que SpaceX a bridé à 160 km/h les terminaux Starlink de l'armée ukrainienne. Les deux hommes s'étaient déjà accrochés publiquement en mars 2025 et en janvier 2026..
SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, a limité la vitesse de connexion des terminaux Starlink utilisés par l’armée ukrainienne à 160 km/h. Starlink est un réseau Internet par satellite qui permet de fournir une connexion haut débit dans des zones mal desservies ou en cas de destruction des infrastructures terrestres. Les terminaux ukrainiens servent notamment à guider des drones de combat, certains volant à des vitesses bien supérieures à cette limite. Cette restriction technique empêche donc ces drones de fonctionner normalement, perturbant ainsi des missions militaires. L’armée ukrainienne n’aurait pas été prévenue de ce changement, ce qui a suscité des interrogations sur une éventuelle intention politique derrière cette décision.
Radosław Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, a publiquement interpellé Elon Musk sur le réseau social X (anciennement Twitter) pour exiger des explications sur ce bridage. Dans son message, il a utilisé un ton provocateur en s’adressant à Musk avec l’expression « mon grand », tout en soulignant que la Pologne, en tant que cliente et cofinanceuse de Starlink en Ukraine, surveille de près cette situation. Ce tweet fait suite à des tensions précédentes entre les deux hommes, notamment en mars 2025 et janvier 2026, où Musk avait déjà critiqué Sikorski en le qualifiant d’« imbécile baveux ». La Pologne, membre de l’OTAN et frontalière avec la Russie et la Biélorussie, finance une partie des coûts de Starlink en Ukraine, ce qui justifie son implication dans ce dossier.
La Pologne joue un rôle clé dans le soutien à l’Ukraine, avec un budget de défense représentant 4,8 % de son PIB en 2026, soit le double du niveau de 2022. Ce pays partage une frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad et la Biélorussie, deux territoires alliés de Moscou, ce qui en fait un acteur stratégique dans la guerre en Ukraine. La restriction imposée par SpaceX intervient quatre jours après que Musk a critiqué la stratégie militaire ukrainienne, notamment les frappes sur le territoire russe, sous la pression de Donald Trump. Cette coïncidence soulève des questions sur une possible instrumentalisation politique de Starlink, un service pourtant présenté comme une solution technique neutre. Varsovie, en tant que cliente et alliée, se sent directement concernée par cette décision.
Les relations entre Radosław Sikorski et Elon Musk sont tendues depuis plusieurs mois. En janvier 2026, Musk avait déjà accusé Sikorski d’être un « imbécile baveux » après la découverte de terminaux Starlink dans des drones russes. Des mesures avaient ensuite été prises pour empêcher cet usage, mais la situation actuelle relance les tensions. Sikorski, en tant que client européen de SpaceX, rappelle que son pays finance une partie du service en Ukraine et exige des comptes. Ce dossier illustre les conflits d’intérêts entre les acteurs privés, comme SpaceX, et les États, qui dépendent de leurs technologies pour des enjeux stratégiques majeurs, notamment dans un contexte de guerre.

