En France, les internautes ont envoyé nettement plus de données en 2025
Comme chaque année, l’Arcep vient de publier son rapport sur l’état de l’internet en France. L’autorité constate une augmentation du trafic entrant de 10 % comparable à 2024 tandis que le trafic sortant bondit de 28 %.
L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) est une institution française qui publie chaque année un rapport sur l’état d’Internet dans le pays. En juillet 2025, elle a constaté une hausse du trafic de données, avec une augmentation de 10,4 % du trafic entrant (passant de 50,8 à 56 Tbit/s entre fin 2024 et fin 2025) et une progression bien plus marquée de 28 % du trafic sortant. Ces données proviennent des quatre principaux FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) français : Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR. L’Arcep souligne que cette croissance annuelle du trafic entrant se stabilise autour de 10 % depuis trois ans, après des hausses bien plus fortes (entre 20 % et 50 %) entre 2013 et 2022.
L’article explique que le trafic entrant (les données reçues par les utilisateurs) reste plus important que le trafic sortant (les données envoyées par les utilisateurs), en raison d’une asymétrie des usages. En pratique, les internautes reçoivent généralement plus de données qu’ils n’en envoient. Par exemple, regarder une vidéo en streaming ou télécharger un fichier consomme beaucoup plus de données en entrée qu’en sortie. Cette différence explique pourquoi le trafic entrant est toujours supérieur au trafic sortant, même si ce dernier a augmenté de 28 % en 2025. L’Arcep note que cette tendance est cohérente avec l’évolution de la consommation de données mobiles, qui progresse aussi de 12 à 14 % par an depuis 2023.
L’Arcep observe que la transition vers le protocole **IPv6**, une version plus récente et performante d’Internet, progresse lentement mais sûrement. Ce protocole permet d’attribuer plus d’adresses IP (identifiants uniques pour les appareils connectés) et améliore la sécurité. En 2025, la transition est bien avancée sur les **box grand public** (les routeurs fournis par les FAI pour les foyers), mais les **sites web** et les **serveurs e-mail** restent en retard. Cela signifie que, bien que les utilisateurs puissent bénéficier de l’IPv6 chez eux, de nombreux services en ligne continuent d’utiliser l’ancien protocole **IPv4**, limitant ainsi les avantages de cette modernisation. L’Arcep souligne que cette situation freine l’adoption complète de l’IPv6 en France.

