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Généraliste

Le PQ entend «s’attaquer à la bureaucratie» et revenir à l’équilibre budgétaire en 2029

Le Devoir · mis à jour il y a 5 j

Son cadre financier prévoit générer 6,6 milliards de dollars d’économie en réduisant la masse salariale de l’État..

Objectif d'équilibre

Le Parti québécois (PQ) a présenté un cadre financier visant à rétablir l’équilibre budgétaire du Québec d’ici l’année fiscale 2028-2029, soit un an plus tôt que l’exige la Loi sur l’équilibre budgétaire en vigueur. Cette loi impose aux gouvernements de présenter des budgets où les dépenses ne dépassent pas les revenus. Le PQ, parti souverainiste, est le dernier des grands partis à dévoiler sa feuille de route économique avant les élections québécoises de 2026, prévues pour le 5 octobre. Pour atteindre cet objectif, le parti mise sur une réduction de 2,5 % de la masse salariale de l’État, ce qui devrait générer des économies de 6,6 milliards de dollars. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de maîtrise des dépenses publiques, présentée comme une priorité pour assainir les finances du Québec.

Réduction de la bureaucratie

Le PQ propose de s’attaquer à la bureaucratie, un terme qui désigne ici l’ensemble des structures administratives et des employés de l’État dont les fonctions sont jugées non essentielles ou redondantes. Par exemple, le parti cite le cas de 4 000 employés municipaux au Québec dont la seule mission consiste à remplir des formulaires de reddition de comptes (rapports financiers obligatoires) pour le gouvernement provincial. Ces employés coûtent environ 325 millions de dollars par an à l’État, selon les estimations des municipalités. Le parti estime que ces économies, bien que symboliques à l’échelle globale, illustrent le potentiel de réduction des dépenses administratives. Nicolas Marceau, porte-parole économique du PQ, précise que les économies réalisées pourraient dépasser les 6,6 milliards prévus, car les chiffres annoncés sont considérés comme prudents.

Nouvelles dépenses et croissance

Le PQ prévoit également de nouvelles dépenses totalisant 6,5 milliards de dollars sur les prochaines années. Parmi ces dépenses, cinq milliards sont réservés à un fonds de réserve pour faire face aux imprévus, notamment dans le contexte de la guerre tarifaire avec les États-Unis, un conflit commercial qui affecte les échanges économiques entre les deux pays. Le parti annonce aussi une baisse d’impôts de 20 % pour les petites et moyennes entreprises (PME), financée par une réduction équivalente des subventions accordées aux multinationales étrangères. Selon l’équipe économique du PQ, cette mesure devrait stimuler la croissance du PIB québécois de 0,25 % par an et rapporter 700 millions de dollars aux finances publiques. À long terme, le ratio de la dette publique par rapport au PIB devrait passer de 37,8 % à 35,5 % d’ici 2033.

Financement et programmes sociaux

Pour financer un remboursement partiel de la taxe sur l’essence destiné aux Québécois gagnant moins de 40 000 $ par an, le PQ prévoit de réaffecter 450 millions de dollars par an, soit 1,8 milliard au total, en provenance du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC). Ce fonds, créé pour soutenir la transition énergétique, verra donc une partie de ses ressources redirigée vers cette mesure sociale. Le parti précise que le programme Roulez vert, qui encourage l’achat de véhicules électriques, sera partiellement financé par ces fonds. Par ailleurs, le PQ promet la mise en place d’une Passe mobilité, un abonnement de transport en commun, dont le financement sera également assuré par le FECC. Le parti souligne que le FECC a vu ses ressources augmenter ces dernières années sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), et qu’il restera environ un milliard de dollars après ces réaffectations.

Réduction des subventions

Le PQ annonce une abolition progressive du Fonds de développement économique, qui passe de 635 millions en 2026-2027 à 2,54 milliards en 2030-2031. Cette réduction s’inscrit dans une critique du gouvernement actuel, accusé d’avoir augmenté les subventions aux entreprises de 4,8 à 9,5 milliards de dollars sous les mandats de la première ministre actuelle, François Legault, et de son prédécesseur, Philippe Couillard. Nicolas Marceau, porte-parole économique du PQ, dénonce un « vent ouvert de subventions à des multinationales étrangères », estimant que ces fonds pourraient être mieux utilisés. Cette mesure s’ajoute à la volonté du parti de réduire les dépenses publiques pour atteindre l’équilibre budgétaire.

Ce que ça pourrait changer

Lors de la présentation du cadre financier, seul Québec solidaire (QS) a réagi, par la voix de Gabriel Laurence-Brook, candidat dans la circonscription de Jacques-Cartier. Ce dernier qualifie le plan économique du PQ de « très semblable à celui de la CAQ et des libéraux », évoquant une « cure d’austérité pire que celle de Philippe Couillard ». Il critique le fait que le PQ finance ses promesses en puisant dans les réserves, alors que le Québec subit les conséquences de la guerre tarifaire avec les États-Unis. Laurence-Brook souligne également que le parti souverainiste se base sur des *transferts fédéraux non confirmés* pour financer ses engagements jusqu’en 2030-2031, une pratique jugée risquée par QS.

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