L’Arabie saoudite accuse les Houthis d’avoir lancé un drone sur La Mecque
Ces attaques «profanent la sacralité des lieux saints», déplore la coalition menée par Riyad..
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a accusé les Houthis, un groupe rebelle yéménite soutenu par l’Iran, d’avoir lancé un drone vers La Mecque, ville sainte de l’islam, le 15 septembre 2026. Selon le communiqué saoudien, le drone a été intercepté au sud de la ville avant d’entrer dans l’espace aérien interdit de La Mecque. La coalition a qualifié cette attaque de « ligne rouge », soulignant que la sécurité des deux mosquées saintes de l’islam (La Mecque et Médine) est une priorité absolue. Les Houthis, qui rejettent l’accusation, ont dénoncé un « mensonge éculé » via leur porte-parole Hazm al-Assad sur le réseau social X. Cette accusation survient alors que les tensions entre les deux parties s’intensifient depuis le début du mois de septembre 2026.
L’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe 57 pays à majorité musulmane, a immédiatement condamné les attaques présumées des Houthis. Dans un communiqué, elle a qualifié ces actes de « odieux » et a dénoncé une « profanation » de la sacralité des lieux saints, ajoutant que ces attaques « heurtent les sentiments des musulmans à travers le monde ». Parallèlement, les États-Unis ont émis un avertissement à leurs ressortissants en Arabie saoudite, leur conseillant de reconsidérer tout voyage dans le pays et d’éviter les zones proches de la frontière avec le Yémen. Ces réactions illustrent l’importance symbolique et religieuse de La Mecque, qui accueille chaque année des millions de pèlerins lors du hajj (pèlerinage obligatoire pour les musulmans).
Les Houthis, proches de l’Iran et appartenant à une branche du chiisme, ont pris le contrôle la semaine précédente du littoral yéménite bordant la mer Rouge, incluant le détroit de Bab el-Mandeb. Ce détroit est un axe stratégique pour le commerce maritime mondial, reliant l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez. Son importance a encore augmenté depuis que l’Iran a restreint l’accès au détroit d’Ormuz, situé de l’autre côté de la péninsule arabique, où transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux. La fermeture de Bab el-Mandeb serait « catastrophique » pour l’économie mondiale, selon le ministère qatari des Affaires étrangères. Les dirigeants saoudien et égyptien, Mohammed ben Salmane et Abdel Fattah al-Sissi, ont appelé à garantir la liberté de navigation dans cette zone, devenue un enjeu majeur pour les exportations pétrolières.
L’arrêt de la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb ou dans celui d’Ormuz aurait des conséquences graves sur les cours du pétrole. Le 15 septembre 2026, le baril de Brent (référence européenne du pétrole) s’échangeait à 108,5 dollars, soit une légère baisse par rapport aux jours précédents, mais toujours environ 80 % plus élevé qu’avant le début du conflit dans le Golfe en février 2026. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, est particulièrement vulnérable, car elle dépend de cet axe pour exporter son brut. Par ailleurs, l’oléoduc Est-Ouest saoudien, qui contourne le détroit d’Ormuz, a été arrêté après des attaques de drones venues d’Irak, selon Riyad. Ces perturbations menacent les approvisionnements énergétiques mondiaux et pèsent sur une économie déjà fragilisée.
Depuis le début du mois de septembre 2026, les combats entre les Houthis et les forces progouvernementales yéménites se sont intensifiés, provoquant le déplacement d’au moins 100 000 personnes, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les Houthis ont accusé l’Arabie saoudite d’avoir mené 52 frappes aériennes en 24 heures sur des infrastructures civiles dans plusieurs régions du Yémen, tandis que Riyad affirme que les rebelles ont blessé 13 civils dans le sud du pays et ciblé des infrastructures pétrolières. Ces violences s’inscrivent dans un conflit plus large qui oppose les Houthis, soutenus par l’Iran, aux autorités yéménites, alliées de l’Arabie saoudite. Le diplomate yéménite Abdullah Al-Saadi a déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU que son pays défendait « les intérêts du reste du monde » en combattant les Houthis.

