Au Yémen, les houthistes continuent de recruter des enfants soldats
Depuis l’intensification ces dernières semaines du conflit yéménite, de nombreux enfants en treillis et en armes ont été capturés parmi les combattants houthistes, qui sont accusés depuis des années de recourir massivement à des soldats mineurs. C’est souvent la misère qui permet de les recruter, mais les houthistes jouent également d’un climat d’endoctrinement et de pression sociale..
Le Yémen est en proie à un conflit armé depuis 2014, opposant principalement les houthistes, un groupe armé chiite soutenu par l’Iran, aux forces gouvernementales yéménites soutenues par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. En octobre 2026, les combats se sont intensifiés, entraînant une hausse du recrutement d’enfants soldats par les houthistes. Ce conflit, l’un des plus graves au monde, a plongé le pays dans une crise humanitaire majeure, avec des millions de déplacés et une économie en ruine. Les houthistes contrôlent une grande partie du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa, tandis que le gouvernement officiel, reconnu internationalement, tente de reprendre le contrôle du territoire.
Les houthistes sont accusés de recruter massivement des enfants soldats depuis le début du conflit en 2014. Selon Human Rights Watch, ils auraient recruté des milliers d’enfants, dont certains âgés de seulement huit à treize ans. En 2024, l’ONU avait vérifié au moins 1 851 cas de recrutement d’enfants depuis 2010, tandis que d’autres ONG estimaient à 10 000 le nombre d’enfants embrigadés entre 2014 et 2021. Les méthodes incluent des campagnes d’endoctrinement dans les écoles, des stages d’été pour apprendre à manipuler des armes, et des pressions sociales ou économiques sur les familles. Ces enfants sont ensuite envoyés au front, où certains sont tués : en septembre 2026, au moins 100 enfants soldats houthistes auraient péri au combat.
Les houthistes utilisent plusieurs stratégies pour recruter des enfants. Dans les écoles, ils organisent des activités de mobilisation, comme des camps d’été ou des stages de port d’armes, présentés comme des formations pour devenir un homme ou un martyr. À Sanaa, des réunions de quartier sont organisées pour convaincre les familles d’envoyer leurs fils au combat, mêlant menaces, pressions et intimidations. Les enfants sont souvent recrutés à partir de 17 ans, un âge considéré comme celui de la maturité dans la culture yéménite. Par ailleurs, la misère économique pousse de nombreuses familles à accepter ces recrutements en échange d’un salaire, même minime. Les médias et les internautes progouvernementaux diffusent des vidéos de captures d’enfants soldats pour montrer l’humanité des forces officielles, qui promettent la vie sauve et offrent de la nourriture.
Plusieurs organisations internationales et locales dénoncent ces pratiques. Human Rights Watch, une ONG de défense des droits humains, a publié un rapport en 2024 confirmant le recrutement massif d’enfants par les houthistes. L’ONU et d’autres ONG, comme l’organisation yéménite SAM pour les droits et les libertés, estiment que la guerre et l’effondrement économique ont créé un terrain propice à l’exploitation des enfants. Les forces gouvernementales yéménites, quant à elles, utilisent des vidéos de captures d’enfants pour leur propagande, mettant en avant leur rôle protecteur. Cependant, tous les partis du conflit sont pointés du doigt pour le recrutement d’enfants, bien que les houthistes aient un passé particulièrement lourd dans ce domaine.
Le recrutement d’enfants soldats aggrave la crise humanitaire au Yémen, déjà l’une des pires au monde. Les enfants exposés à la guerre souffrent de traumatismes, de blessures physiques et psychologiques, et sont privés d’éducation. Leur participation aux combats les expose à des risques mortels : en septembre 2026, au moins 100 enfants soldats houthistes auraient été tués en un mois. La pauvreté et le manque de perspectives poussent de nombreuses familles à accepter ces recrutements, malgré les dangers. Les organisations humanitaires soulignent que cette pratique viole les droits fondamentaux des enfants et aggrave les inégalités sociales dans un pays déjà dévasté par plus de dix ans de guerre.

