Amazon emploie déjà plus d'un million de robots dans ses usines : l'entreprise a maintenant des objectifs bien plus élevés
Plus d’un million de robots sillonnent les entrepôts Amazon à travers le monde. Le groupe construit de nouvelles usines au Texas et dans l’Indiana pour accélérer encore sa production robotique.
En juillet 2026, Amazon a annoncé avoir déployé plus d’un million de robots dans ses entrepôts à travers le monde. Ces machines, comme Hercules, Titan ou Vulcan, sont conçues pour automatiser des tâches logistiques comme le transport d’étagères, le tri de colis ou l’empilement de paquets. Leur rôle principal est d’accélérer les opérations pour répondre à la demande croissante des clients, notamment les 200 millions d’abonnés Prime qui génèrent des dizaines de millions de livraisons quotidiennes. Ces robots ont été développés en partie après le rachat de Kiva Systems en 2012, une entreprise spécialisée dans les robots mobiles à roues capables de déplacer des rayonnages entiers. Leur déploiement massif s’inscrit dans une stratégie d’optimisation de la chaîne logistique, avec un objectif affiché : doubler ce nombre en un an.
Amazon utilise plusieurs générations de robots, chacun ayant une fonction spécifique. Les modèles comme Hercules et Titan, larges comme un billard ou un piano à queue, transportent des étagères garnies de bacs en plastique vers les postes de travail, réduisant ainsi les déplacements des employés. D’autres robots, comme Robin, sont équipés de huit ventouses et d’un système de vision par ordinateur pour trier enveloppes et colis. Cardinal, quant à lui, empile les paquets dans des chariots roulants, avec une capacité pouvant atteindre 23 kg par unité. Enfin, Vulcan, testé depuis 2025 dans des sites comme Spokane et Hambourg, combine vision artificielle et capteurs de force pour manipuler des objets avec une grande précision. Ces innovations visent à rendre les entrepôts plus efficaces, mais leur déploiement reste progressif.
Une étude de l’université George Mason, couvrant la période 2016-2019, révèle que les centres automatisés d’Amazon enregistrent une baisse de 40 % des blessures graves (fractures, accidents lourds) par rapport aux entrepôts traditionnels. Cependant, les lésions liées aux gestes répétitifs augmentent de 77 % dans ces mêmes sites. Ces blessures, souvent moins visibles, sont causées par l’accélération du rythme de travail imposé par les machines. Des témoignages de salariés, partagés sur Reddit, décrivent un environnement moins physique mais plus mentalement éprouvant. Le Strategic Organizing Center, une coalition syndicale américaine, a également publié des rapports en 2021 et 2022 mettant en lumière un taux d’accidents plus élevé dans les installations automatisées. Amazon, de son côté, affirme avoir réduit de 43 % son taux global d’incidents depuis 2019 et de 70 % les lésions entraînant un arrêt de travail, sans préciser si ces chiffres concernent spécifiquement les sites automatisés.
En octobre 2025, le New York Times a révélé des documents internes d’Amazon indiquant que l’entreprise pourrait réduire ses besoins d’embauche de plus de 160 000 postes aux États-Unis d’ici 2027, et jusqu’à 600 000 d’ici 2033. Ces projections suggèrent que l’automatisation pourrait remplacer une partie des emplois humains dans les entrepôts. Un porte-parole d’Amazon a répondu que ces documents ne reflétaient pas une stratégie officielle, mais ces chiffres illustrent les craintes liées à l’automatisation massive. Les syndicats et observateurs s’interrogent sur l’avenir des travailleurs dans un contexte où les robots prennent une place croissante, tout en soulignant que l’entreprise continue de recruter dans d’autres secteurs.
Pour soutenir sa croissance robotique, Amazon construit de nouveaux centres logistiques au *Texas* et dans l’*Indiana*, dédiés à la production et au déploiement de robots. Ces usines visent à accélérer l’innovation et à répondre à la demande croissante en automatisation. Leur localisation stratégique permet de réduire les délais de livraison et d’optimiser la logistique à l’échelle nationale. Ces investissements s’inscrivent dans une logique d’expansion continue, alors que le géant du e-commerce cherche à maintenir son avance face à la concurrence. Les nouveaux robots produits dans ces centres pourraient intégrer des technologies encore plus avancées, comme l’intelligence artificielle pour améliorer la précision et l’efficacité des opérations.

