«Ce rassemblement est inédit» : pompiers, infirmiers et associations écolos marchent ensemble pour le climat
Ce mardi soir, une grande coalition d’associations environnementales, de collectifs, syndicats et citoyen·nes se rassemble devant le ministère de l’économie et des finances, à Paris. Ils et elles exigent des moyens concrets pour financer l’adaptation et l’atténuation face au réchauffement climatique..
Le 15 septembre 2026 à 19h30, une coalition exceptionnelle s’est réunie devant le ministère de l’Économie et des Finances à Paris. Ce rassemblement, qualifié d’inédit par Jean-François Julliard, directeur général de France nature environnement (FNE), rassemble des associations écologistes, des syndicats, des collectifs citoyens et des professionnels de santé comme les infirmiers et les pompiers. Leur objectif commun est de demander des moyens financiers concrets pour financer deux actions majeures face au réchauffement climatique : l’adaptation (mesures pour limiter les impacts du changement climatique) et l’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre). Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large de mobilisation pour le climat, avec une autre grande marche prévue le 26 septembre 2026.
Les infirmiers, représentés par le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), soulignent que les canicules de l’été 2026 ont eu des conséquences directes et graves sur la santé des patients. Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat, explique que les vagues de chaleur successives, sans temps de récupération, ont détérioré l’état de santé de personnes atteintes de maladies chroniques bien plus rapidement que prévu. Les hôpitaux, souvent inadaptés aux températures extrêmes, sont devenus des « serres médicalisées » avec des températures atteignant 35°C voire 40°C dans certaines chambres. Le SNPI dénonce l’absence de solutions concrètes pour protéger les patients, comme l’utilisation de couvertures de survie scotchées aux fenêtres. L’ONG Oxfam avait déjà alerté en juin 2026 sur l’explosion des besoins en soins et la saturation des urgences, dans un système de santé déjà en crise.
Les associations et syndicats présents demandent que le budget de l’État pour 2026 intègre des moyens supplémentaires pour l’adaptation au changement climatique. Parmi les mesures réclamées figurent la rénovation thermique des écoles et hôpitaux, le recrutement de personnel pour les services d’urgence, et l’augmentation du Fonds vert (un fonds public destiné à aider les collectivités territoriales à s’adapter au climat). Le SNPI propose aussi de réaffecter les 60 milliards d’euros accumulés depuis 2004 grâce à la journée de solidarité (une contribution financière des Français pour financer la dépendance) pour protéger les populations vulnérables. Le syndicat insiste : ces fonds ne doivent pas être détournés de leur usage initial.
Les organisateurs du rassemblement soulignent que le réchauffement climatique creuse les inégalités sociales et les discriminations. Par exemple, les fortes chaleurs aggravent les violences faites aux femmes, un phénomène mis en lumière par l’association Nous toutes. Les personnes précaires, déjà fragilisées, sont encore plus exposées aux risques sanitaires liés aux canicules. Les associations présentes, comme la Fondation pour le logement des défavorisés, rappellent que les mesures d’adaptation doivent prioritairement protéger ces populations. Le rassemblement du 15 septembre vise donc à alerter sur l’urgence d’agir, avant que les inégalités ne s’aggravent davantage.
Ce rassemblement s’inscrit dans un contexte politique particulier : la France entre dans une **séquence présidentielle**, ce qui rend crucial l’inscription des enjeux climatiques à l’agenda politique. Les organisateurs craignent que les sujets liés au climat ne soient **oubliés** une fois les températures redescendues. Jean-François Julliard (FNE) et Thierry Amouroux (SNPI) insistent sur la nécessité de faire pression pour que le **projet de loi de finances 2026** intègre des mesures concrètes. Leur message est clair : sans une mobilisation continue, les promesses risquent de rester lettre morte. Ce mouvement montre une **convergence inédite** entre écologistes, soignants et travailleurs, renforçant la légitimité de leurs revendications.

