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Les Houthis revendiquent de nouvelles attaques sur l’aéroport de Riyad

Le Devoir · mis à jour il y a 29 j

Les rebelles yéménites pro-iraniens revendiquent aussi des attaques sur des sites militaires du sud de l’Arabie saoudite..

Qui sont les Houthis

Les Houthis sont un groupe armé yéménite qui contrôle depuis plus d’une décennie la capitale du Yémen, Sanaa, ainsi qu’une grande partie du pays. Proche de l’Iran, ils sont souvent qualifiés de pro-iraniens car ils reçoivent un soutien logistique et militaire de Téhéran. Leur nom officiel est Ansar Allah (Partisans de Dieu), mais ils sont communément appelés Houthis, du nom de leur fondateur, Hussein al-Houthi. Depuis juillet 2024, leur conflit avec le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, soutenu par l’Arabie saoudite, s’est intensifié. En septembre 2024, ils ont pris le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite bordant la mer Rouge, une zone stratégique car elle abrite le détroit de Bab el-Mandeb, une route maritime essentielle reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez. Ce détroit est l’un des plus fréquentés au monde pour le transport maritime, notamment de pétrole.

Nouvelles attaques au Yémen

Les combats entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, se sont intensifiés ces dernières semaines. Selon des sources militaires citées par l’AFP, le bilan des victimes s’élève à 270 morts en 24 heures, des deux côtés, mardi dernier. Les Houthis ont attaqué l’aéroport d’Aden, dans le sud du Yémen, où s’est replié le gouvernement yéménite reconnu internationalement. Riyad, la capitale saoudite, a riposté en bombardant plusieurs régions tenues par les Houthis, dont Sanaa, la capitale yéménite. Les positions des deux camps restent difficiles à vérifier de manière indépendante en raison de l’accès restreint pour les journalistes dans ces zones de conflit. Les deux parties revendiquent des avancées, mais aucune évolution majeure n’a été confirmée par des sources neutres.

Attaques en Arabie saoudite

Les Houthis ont revendiqué mercredi des tirs de missiles et de drones sur l’aéroport international de Riyad, la capitale saoudite. Selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree, l’un des missiles a été intercepté, mais a tout de même provoqué la suspension temporaire du trafic aérien à l’aéroport. Peu avant cette annonce, Riyad avait déclaré avoir intercepté un tir de missile dans le nord de la ville, où se situe l’aéroport. Les Houthis ont également averti les compagnies aériennes que le ciel saoudien n’était « pas sûr ». Ces attaques s’ajoutent à une série de frappes récentes visant des installations pétrolières saoudiennes, comme une raffinerie du géant Aramco sur la mer Rouge, ciblée lundi, ou l’oléoduc Est-Ouest, mis à l’arrêt la veille. Ces infrastructures sont cruciales pour l’économie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

Soutien international limité

Face à l’escalade des tensions, l’Arabie saoudite a demandé à plusieurs reprises un soutien international, notamment des États-Unis, sans obtenir de réponse concrète jusqu’à présent. Cependant, la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite ont annoncé lundi un accord pour déployer rapidement des forces militaires dans le royaume saoudite. Cet accord, signé en août 2024 à La Mecque, vise à fournir un soutien défensif, notamment pour intercepter les missiles et drones houthis. Selon Hamish Kinnear, expert du cabinet Verisk Maplecroft, ce déploiement pourrait être limité à des missions de défense, car la Turquie et le Pakistan cherchent à éviter une implication directe dans un conflit avec l’Iran. Ces deux pays jouent également un rôle de médiateurs entre Washington et Téhéran.

Ce que ça pourrait changer

Les attaques des Houthis perturbent gravement l’économie saoudite, qui est le premier exportateur mondial de pétrole brut. Depuis le début du conflit, les exportations saoudiennes sont affectées, notamment en raison du verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, une autre route maritime stratégique pour le transport de pétrole. Les Houthis ciblent régulièrement les infrastructures pétrolières saoudiennes, comme la raffinerie d’Aramco sur la mer Rouge ou l’oléoduc Est-Ouest, essentiel pour acheminer le pétrole vers les ports de la mer Rouge. Ces perturbations menacent la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux et pourraient avoir des répercussions sur les prix du pétrole à l’échelle internationale.

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