Appel à une « désescalade mutuelle » entre les États-Unis et le Canada
Les tarifs douaniers augmentent les coûts pour les entreprises, selon le PDG de la Chambre de commerce..
En 2026, le Canada et les États-Unis sont engagés dans une guerre commerciale (conflit économique où chaque pays impose des taxes sur les produits importés de l'autre pour protéger ses propres industries) qui s'intensifie depuis plusieurs mois. Cette situation a commencé après l'échec des négociations commerciales entre les deux pays le mois précédent. Les États-Unis, dirigés par le président Donald Trump, ont imposé des tarifs douaniers (taxes supplémentaires sur les importations) sur des produits canadiens, notamment l'acier, l'aluminium, le fromage et les appareils électroménagers. Le Canada a répondu en appliquant des tarifs de rétorsion (mesures de représailles) de 27,6 milliards de dollars, touchant des centaines de produits américains comme les cosmétiques, les vêtements et le matériel agricole. Ces tarifs varient entre 15% et 50%, selon les produits. Les deux pays s'accusent mutuellement de violer l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) (traité signé en 2020 pour faciliter les échanges commerciaux entre les trois pays), mais Donald Trump est particulièrement critiqué pour ne pas respecter cet accord.
Les tarifs douaniers ont des conséquences directes sur les entreprises des deux côtés de la frontière. Par exemple, Darryl Sherman, président de l'entreprise Wilson Furniture à Oshawa (Ontario), doit réajuster les prix de ses produits en raison des nouvelles taxes sur les importations américaines. Environ 30% de ses stocks proviennent des États-Unis, et certains fournisseurs ne peuvent pas absorber les coûts supplémentaires des tarifs (jusqu'à 50% pour certains meubles). Cela force l'entreprise à augmenter ses prix ou à réduire ses marges bénéficiaires, ce qui pourrait affecter les consommateurs. La Chambre de commerce de l'Ontario, représentée par son président-directeur général Daniel Tisch, souligne que ces mesures freinent les investissements et l'embauche, car les entreprises hésitent à s'engager dans un climat d'incertitude commerciale. Selon lui, une guerre commerciale n'a pas de gagnants, seulement des perdants.
En réaction aux tarifs canadiens, Donald Trump a ordonné à l'agence fédérale américaine chargée des approvisionnements gouvernementaux (organisme qui gère les achats de l'État) de retirer tous les produits canadiens de son calendrier d'attribution des contrats publics. Cette décision vise à punir le Canada pour ses mesures de rétorsion, mais elle pourrait aussi nuire aux entreprises américaines qui exportent vers le Canada. Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d'Angleterre, avait auparavant estimé que le Canada devait répliquer aux tarifs américains pour défendre ses intérêts. Cependant, Daniel Tisch, de la Chambre de commerce de l'Ontario, doute que Donald Trump revienne sur ses décisions ou respecte à nouveau l'ACEUM, ce qui rend la situation encore plus complexe. La Chambre appelle à une désescalade mutuelle (réduction progressive des tensions) pour éviter une aggravation du conflit.
Les tarifs douaniers et les mesures de rétorsion ont un impact direct sur les prix payés par les consommateurs. Par exemple, les meubles de chambre à coucher, frappés d'un tarif de 50%, verront leurs prix augmenter. Les entreprises comme *Wilson Furniture* devront probablement répercuter une partie de ces coûts sur les clients, ce qui pourrait réduire leur pouvoir d'achat. De plus, les produits américains retirés des rayons des magasins canadiens (comme les vins et spiritueux dans les LCBO de Toronto) limitent les choix disponibles pour les consommateurs. Ces hausses de prix et cette réduction de l'offre pourraient peser sur l'économie locale, notamment dans les régions frontalières comme l'Ontario, où les échanges avec les États-Unis sont fréquents. Les experts craignent que cette escalade ne dure, aggravant les difficultés pour les ménages et les entreprises.

