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Société

Connaissez-vous le feederism, ce fétichisme qui consiste à faire grossir son partenaire?

Slate FR · mis à jour 30 sept.

Loin des standards de beauté exaltant la minceur, des personnes expriment une préférence sexuelle pour les corps obèses, fantasmant même de faire grossir leur partenaire. Longtemps confiné à l'intimité de quelques couples, le feederism, impliquant un feeder nourrissant un feedee, trouve désormais un public virtuel sur les plateformes de contenu payant.

Qu'est-ce que le feederism

Le feederism est une pratique fétichiste où une personne, appelée feeder (celui ou celle qui nourrit), encourage ou incite son partenaire, appelé sitter (celui ou celle qui est nourri·e), à prendre du poids. Cette relation repose sur une dynamique de pouvoir et de plaisir lié à la prise de masse corporelle. Le feeder peut être motivé par l'idée de façonner le corps de son partenaire selon ses désirs, tandis que le sitter trouve parfois un épanouissement dans cette soumission ou cette transformation physique. Le terme vient de l'anglais to feed (nourrir) et désigne donc littéralement une personne qui nourrit, mais dans un contexte bien spécifique. Cette pratique s'inscrit dans le cadre plus large des kinks (pratiques sexuelles ou érotiques marginales) et des fétichismes corporels, où l'attirance ou l'excitation est liée à des caractéristiques physiques particulières.

Origines et contexte social

Le feederism n'est pas une pratique récente, mais elle s'est structurée et popularisée avec l'avènement d'Internet. Les communautés en ligne, notamment sur des forums spécialisés ou des plateformes comme Reddit, ont permis à des individus du monde entier de se connecter et d'échanger autour de cette pratique. Ces espaces numériques offrent un anonymat relatif et une liberté d'expression qui facilitent la discussion de sujets tabous. En France, comme ailleurs, ces communautés restent marginales mais actives, avec des milliers de membres partageant des conseils, des expériences ou des contenus liés au feederism. L'article mentionne que cette pratique est souvent associée à des dynamiques de pouvoir et de contrôle, où la prise de poids devient un symbole de soumission ou de dévotion pour le sitter.

Dynamique relationnelle et consentement

Le feederism repose sur une relation consentie entre les deux partenaires, où chaque partie trouve un intérêt dans cette pratique. Le feeder peut tirer du plaisir de la transformation physique de son partenaire, tandis que le sitter peut apprécier le sentiment de sécurité, de protection ou d'attention que lui apporte cette relation. Cependant, cette dynamique n'est pas sans risques. Le consentement doit être éclairé, répété et réversible à tout moment, car la prise de poids peut avoir des conséquences sur la santé physique et mentale. L'article souligne que les communautés en ligne insistent souvent sur l'importance de la communication et du respect mutuel pour éviter les dérives. Certaines personnes pratiquant le feederism peuvent aussi associer cette activité à des troubles du comportement alimentaire, bien que cela ne soit pas systématique.

Santé et risques associés

La prise de poids volontaire dans le cadre du feederism peut entraîner des risques pour la santé, notamment des problèmes cardiovasculaires, du diabète, des troubles articulaires ou des complications liées à l'obésité. L'article cite des témoignages de personnes ayant pris entre 20 et 50 kilogrammes en quelques mois, parfois sous la supervision d'un feeder. Ces prises de poids rapides et importantes peuvent aussi avoir des répercussions psychologiques, comme une baisse de l'estime de soi ou une dépendance à la relation avec le feeder. Les communautés en ligne recommandent souvent de consulter un professionnel de santé avant d'entreprendre une telle pratique, bien que cela reste rare. Certaines plateformes encouragent aussi une approche progressive et encadrée pour limiter les risques.

Rémunération et économie numérique

L'article mentionne l'existence de plateformes numériques où des sitters peuvent être rémunérés pour leur prise de poids, notamment via des systèmes de camgirls ou de contenus exclusifs. Ces plateformes, souvent basées à l'étranger, permettent aux sitters de monétiser leur pratique en échange de contenus (photos, vidéos, live) ou de services personnalisés. Les revenus varient selon la popularité du sitter et la générosité des feeders, mais certains parviennent à générer des centaines, voire des milliers d'euros par mois. Cette dimension économique ajoute une couche de complexité à la pratique, car elle peut transformer une relation personnelle en une activité professionnelle. Les plateformes en question sont souvent opaques et peu régulées, ce qui soulève des questions sur la protection des données et le bien-être des participants.

Ce que ça pourrait changer

Le *feederism* reste une pratique marginalisée et souvent incomprise par le grand public. Les représentations médiatiques ou culturelles de cette pratique sont rares et généralement stéréotypées, ce qui contribue à renforcer les tabous autour du sujet. Les communautés en ligne tentent de normaliser cette pratique en partageant des témoignages, des conseils ou des ressources, mais elles restent souvent invisibilisées. L'article souligne que les personnes pratiquant le *feederism* peuvent faire face à des jugements ou des discriminations, notamment dans les milieux professionnels ou familiaux. Cette stigmatisation peut aussi limiter l'accès à des informations fiables ou à un soutien psychologique adapté. Les plateformes spécialisées jouent donc un rôle clé dans la diffusion d'informations et la création d'un espace de dialogue sécurisé.

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