Comment les pays africains se préparent à un super-El Niño
Les alertes et mises en garde se multiplient alors que se précise l’intensité du phénomène El Niño, qui sera particulièrement forte, avertit l’Organisation météorologique mondiale. Sur le continent africain, les États multiplient les cellules de crise afin d’anticiper ses conséquences destructrices..
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le 3 septembre 2026 qu’un phénomène El Niño d’une intensité exceptionnelle se prépare, devant durer jusqu’en février 2027. El Niño est un phénomène climatique naturel qui se manifeste par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l’océan Pacifique tropical, perturbant les régimes de pluie et de température à l’échelle mondiale. Cette année, l’OMM qualifie l’épisode de très fort, un niveau rarement atteint, ce qui augmente les risques de catastrophes comme des inondations, des sécheresses prolongées ou des vagues de chaleur extrême. L’organisation souligne que cette situation exige une préparation exceptionnelle, car ses conséquences pourraient s’avérer dévastatrices, surtout pour les régions déjà vulnérables comme l’Afrique.
Face à cette menace, les pays africains multiplient les mesures d’urgence. En Somalie, l’Agence nationale de gestion des catastrophes (SoDMA) a organisé une réunion nationale à Mogadiscio pour anticiper les impacts possibles. D’autres États africains, comme le Kenya, le Zimbabwe ou l’Éthiopie, activent des cellules de crise pour évaluer les risques et coordonner les réponses. L’enjeu est double : limiter les pertes humaines et économiques, mais aussi renforcer la résilience des économies locales à long terme. Selon The New Zimbabwe, la manière dont l’Afrique gérera ce super-El Niño déterminera sa capacité à se remettre des chocs climatiques futurs et à construire une économie plus robuste dans les décennies à venir.
Les conséquences attendues d’un super-El Niño en Afrique sont multiples et graves. Les régions de l’Est et du Sud du continent pourraient subir des pluies diluviennes, provoquant des inondations dévastatrices, tandis que l’Afrique australe et de l’Ouest feraient face à des sécheresses prolongées, menaçant les récoltes et la sécurité alimentaire. Les vagues de chaleur extrême aggraveraient cette situation, surtout dans des pays déjà confrontés à des températures élevées. Par exemple, en Somalie, les autorités craignent une aggravation des crises humanitaires existantes, déjà fragilisées par des années de conflits et d’instabilité politique. Ces phénomènes risquent d’accentuer les inégalités et de freiner le développement économique.
Pour limiter les dégâts, plusieurs pays africains mettent en place des stratégies préventives. Au Kenya, des drones sont déjà utilisés pour fertiliser les sols et optimiser l’irrigation des cultures, une technique qui pourrait être étendue si les pluies se font rares. Les gouvernements renforcent également les systèmes d’alerte précoce, en collaboration avec des organisations internationales comme l’OMM, pour mieux anticiper les événements climatiques extrêmes. Ces mesures visent à protéger les populations, notamment les agriculteurs, et à sécuriser les approvisionnements en eau et en nourriture. L’objectif est de transformer une crise potentielle en une opportunité de mieux préparer l’avenir.
L’impact économique d’un *super-El Niño* pourrait être considérable pour l’Afrique. Les sécheresses et les inondations menacent les secteurs clés comme l’agriculture, qui représente une part importante du PIB dans de nombreux pays. Par exemple, au Zimbabwe, les experts estiment que les pertes pourraient atteindre des centaines de millions de dollars, aggravant les difficultés économiques déjà présentes. À long terme, ces chocs climatiques pourraient freiner la croissance et augmenter la dette publique, car les États devront investir massivement dans la reconstruction et l’adaptation. La préparation à ce phénomène devient donc un enjeu stratégique pour l’avenir du continent.

