Trump pèse sur les prochaines élections, aux États-Unis comme au Mexique
Alors que les États-Unis se préparent aux élections de mi-mandat et que le Mexique se dirige vers les élections fédérales de 2027, Donald Trump fait de son voisin du sud un enjeu politique des deux côtés de la frontière. Mais derrière les tensions sécuritaires et diplomatiques, l’interdépendance économique refait surface..
Les prochains mois seront marqués par deux scrutins majeurs en Amérique du Nord. Aux États-Unis, les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre 2026. Elles permettront de renouveler l’intégralité de la Chambre des représentants (435 sièges) et un tiers du Sénat (34 sièges sur 100). Au Mexique, les élections fédérales de juin 2027 concerneront le renouvellement de 500 sièges de députés fédéraux ainsi que 17 gouverneurs d’État. Ces deux événements politiques surviennent dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre les deux pays, principalement en raison des déclarations de Donald Trump, président américain depuis janvier 2025.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump multiplie les accusations de liens entre des responsables politiques mexicains et le narcotrafic. Ces allégations ont pris une ampleur particulière avec l’inculpation, en avril 2026, de Rubén Rocha Moya, ancien gouverneur de l’État de Sinaloa et membre du même parti que la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum. Le terme narcopolitique désigne ici l’idée que des personnalités politiques mexicaines seraient influencées ou contrôlées par des cartels de drogue. Ces accusations, relayées par des procureurs américains, alimentent un climat de méfiance et pèsent sur les relations bilatérales, notamment à l’approche des élections mexicaines.
Les tensions avec les États-Unis, exacerbées par les déclarations de Donald Trump, influencent directement la campagne électorale mexicaine. Le quotidien espagnol El País América souligne que les attaques du dirigeant américain ont « des conséquences majeures » sur la vie politique locale. Par exemple, l’idée d’une narcopolitique au Mexique est devenue un sujet central des débats, avec des répercussions sur la crédibilité des partis politiques et des candidats. Ces accusations pourraient également servir de levier pour les partis d’opposition, qui pourraient les utiliser pour discréditer le parti au pouvoir, Morena, dirigé par Claudia Sheinbaum.
Malgré les tensions politiques et sécuritaires, les États-Unis et le Mexique restent profondément liés par leur économie. Les deux pays sont des partenaires commerciaux majeurs, avec un volume d’échanges estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars par an. Le Mexique est notamment un fournisseur clé pour les États-Unis en matière de produits manufacturés, d’énergie et de main-d’œuvre. Cette interdépendance limite les risques d’une crise majeure, car une rupture des relations aurait des conséquences économiques graves pour les deux pays. Les élections à venir pourraient donc être un test pour l’équilibre entre ces enjeux politiques et économiques.
Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique depuis 2024, est au cœur des tensions avec les États-Unis. Membre du parti Morena, elle est la première femme à occuper ce poste. Son gouvernement fait face à des accusations de liens avec le narcotrafic, notamment via des membres de son parti, comme l’ancien gouverneur Rubén Rocha Moya. Ces allégations, portées par des procureurs américains, pourraient affaiblir sa position à l’approche des élections de 2027. Sheinbaum doit donc naviguer entre la défense de la souveraineté mexicaine et la gestion des relations avec un voisin puissant, dont les déclarations menacent de perturber la stabilité politique de son pays.

