Des millions de morts par cancer pourraient encore être évités d'ici 2050
Près d'un mort par cancer sur deux dans le monde serait évitable. L'arrêt du tabac, la vaccination et le dépistage suffiraient à inverser la tendance projetée pour 2050..
Le cancer représente l'une des principales causes de mortalité dans le monde, avec des millions de décès chaque année. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), cette maladie a causé près de 10 millions de morts en 2020, un chiffre qui pourrait continuer à augmenter sans action ciblée. Les projections indiquent que, si rien ne change, le nombre de décès liés au cancer pourrait atteindre 16 millions par an d'ici 2040. Cette hausse s'explique notamment par le vieillissement de la population mondiale, car le risque de développer un cancer augmente avec l'âge. Les cancers les plus fréquents incluent ceux du poumon, du sein, du côlon et de la prostate. Face à cette situation, des experts estiment que des millions de vies pourraient être sauvées d'ici 2050 grâce à des stratégies de prévention, de dépistage précoce et d'accès aux traitements.
La prévention et le dépistage précoce sont considérés comme les leviers les plus efficaces pour réduire la mortalité par cancer. Des mesures simples, comme l'arrêt du tabac, une alimentation équilibrée, la pratique régulière d'une activité physique et la limitation de l'exposition aux rayons ultraviolets (UV), peuvent diminuer significativement le risque de développer certains cancers. Par exemple, le tabagisme est responsable d'environ 22 % des décès par cancer dans le monde. De même, le dépistage organisé, comme les mammographies pour le cancer du sein ou les tests de recherche de sang dans les selles pour le cancer colorectal, permet de détecter la maladie à un stade précoce, où les chances de guérison sont bien plus élevées. En France, le programme national de dépistage organisé du cancer colorectal a permis de réduire la mortalité de 15 % chez les personnes concernées.
L'accès aux soins reste inégal selon les pays et les populations. Dans les pays à revenu élevé, les taux de survie après un diagnostic de cancer dépassent souvent 80 %, tandis que dans les pays à faible revenu, ce taux peut chuter à moins de 30 %. Cette disparité s'explique par des différences d'infrastructures médicales, de formation des professionnels de santé et de disponibilité des traitements. Par exemple, en Afrique subsaharienne, seulement 5 % des patients atteints de cancer ont accès à des traitements de radiothérapie, contre plus de 90 % en Europe. Pour réduire ces inégalités, des initiatives internationales, comme le Partenariat mondial contre le cancer (Global Cancer Partnership), visent à renforcer les systèmes de santé dans les pays les plus pauvres et à faciliter l'accès aux médicaments essentiels.
Les avancées scientifiques et technologiques jouent un rôle clé dans la lutte contre le cancer. Les traitements deviennent de plus en plus ciblés et personnalisés, grâce à des techniques comme l'immunothérapie, qui stimule le système immunitaire pour attaquer les cellules cancéreuses, ou la thérapie génique, qui modifie l'ADN des cellules pour corriger les anomalies responsables du cancer. Par ailleurs, l'intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée pour analyser des images médicales et détecter des tumeurs à un stade très précoce. En 2025, des chercheurs ont mis au point un test sanguin capable de détecter plus de 50 types de cancers avec une précision de 93 %. Ces innovations pourraient révolutionner le diagnostic et le traitement, mais leur accès reste limité en raison de leur coût élevé.
Les gouvernements ont un rôle central à jouer dans la réduction de la mortalité par cancer. Des politiques publiques ambitieuses, comme l'augmentation des budgets alloués à la recherche, la mise en place de campagnes de sensibilisation ou l'adoption de lois strictes contre le tabac et l'alcool, peuvent avoir un impact majeur. Par exemple, en Australie, l'introduction de paquets de cigarettes neutres en 2012 a contribué à réduire la consommation de tabac de 10 % en cinq ans. De même, en France, la loi *Santé* de 2016 a permis de renforcer les mesures de prévention et de dépistage, avec des résultats encourageants : le taux de mortalité par cancer a baissé de 1,5 % par an entre 2010 et 2020. À l'échelle internationale, l'OMS a lancé en 2018 le *Plan d'action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles*, qui inclut des objectifs précis pour réduire l'incidence du cancer de 25 % d'ici 2025.

