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Environnement

Pour réduire les captures d'oiseaux marins, des pêcheurs testent des cerfs-volants effaroucheurs

Reporterre · mis à jour il y a 15 j

Des dizaines de milliers d'oiseaux marins meurent chaque année à cause d'engins de pêche. Pour réduire ces captures accidentelles, des dispositifs d'effarouchement sont testés par des pêcheurs en coordination avec l' OFB .

Menace sur les oiseaux marins

Les oiseaux marins, comme les albatros ou les puffins, sont régulièrement capturés accidentellement par les filets de pêche, un phénomène appelé prises accessoires (ou prises non intentionnelles). Selon l’ONU, ces captures concernent environ 1 million d’oiseaux marins chaque année dans le monde. En France, notamment dans les eaux de l’Atlantique et de la Manche, des espèces protégées comme le puffin des Baléares ou le macareux moine sont particulièrement touchées. Ces accidents menacent la survie de certaines populations déjà fragilisées par d’autres pressions comme la pollution ou la réduction de leurs habitats. Les pêcheurs, bien que non responsables de ces captures, cherchent des solutions pour limiter leur impact sur la biodiversité marine, tout en respectant leur activité économique.

Solution testée : cerfs-volants

Pour éloigner les oiseaux des zones de pêche, des pêcheurs français testent une méthode originale : des cerfs-volants effaroucheurs, inspirés des techniques utilisées en agriculture pour éloigner les oiseaux des cultures. Ces cerfs-volants, équipés de bandes réfléchissantes ou de motifs colorés, flottent au-dessus des filets et créent un mouvement constant qui dissuade les oiseaux de s’approcher. Une première expérience a été menée en 2022 dans le golfe de Gascogne, avec des résultats encourageants : une réduction de 30 % des captures accidentelles d’oiseaux marins par rapport aux méthodes traditionnelles. Cette solution, peu coûteuse et facile à déployer, pourrait être généralisée si les tests se poursuivent avec succès.

Acteurs et enjeux

Plusieurs acteurs sont impliqués dans ce projet. D’un côté, des pêcheurs volontaires, souvent organisés en coopératives ou en associations comme l’Association des pêcheurs artisans de Bretagne, testent les cerfs-volants sur leurs bateaux. De l’autre, des scientifiques et des associations de protection de la nature, comme la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), accompagnent ces essais pour évaluer leur efficacité et leur impact sur les écosystèmes. En France, cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national pour la protection des oiseaux marins, lancé en 2021, qui vise à réduire de 50 % les prises accessoires d’ici 2030. Les pouvoirs publics, comme le ministère de la Transition écologique, soutiennent financièrement ces expérimentations pour concilier pêche durable et préservation de la biodiversité.

Ce que ça pourrait changer

Malgré des résultats prometteurs, les cerfs-volants effaroucheurs ne constituent pas une solution miracle. Leur efficacité dépend des conditions météo, notamment du vent, et leur utilisation peut être limitée dans certaines zones ou périodes de l’année. De plus, certains oiseaux, comme les albatros, s’habituent rapidement aux dispositifs et finissent par les ignorer. Les pêcheurs et les scientifiques soulignent donc la nécessité de combiner plusieurs méthodes pour maximiser la protection des oiseaux. Parmi les alternatives envisagées figurent des *lignes de dissuasion* (fils tendus au-dessus des filets) ou des modifications des techniques de pêche, comme l’utilisation de filets plus visibles pour les oiseaux. L’objectif reste de trouver un équilibre entre viabilité économique pour les pêcheurs et préservation des espèces marines.

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