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Généraliste

Tamara Lich, une organisatrice du Convoi de la liberté

Le Devoir · mis à jour il y a 3 j

Selon une juge, autoriser les voyages à l’étranger affaiblirait les effets punitifs et dissuasifs de sa peine..

Contexte du Convoi

Le Convoi de la liberté est une manifestation de grande ampleur qui s'est déroulée à Ottawa en février 2022. Elle a été organisée par des groupes opposés aux mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19, notamment les restrictions de circulation et les obligations vaccinales. Pendant près d'un mois, des milliers de véhicules ont bloqué le centre-ville d'Ottawa, perturbant gravement la vie des habitants, des commerces et des institutions, dont la Colline du Parlement. Tamara Lich était l'une des principales organisatrices de ce mouvement. En octobre 2025, elle a été reconnue coupable de méfait pour son rôle dans cette manifestation. Le méfait désigne ici un acte intentionnel causant des dommages ou des perturbations graves à la société, comme le blocage d'une ville entière. Elle a été condamnée à 12 mois d'assignation à résidence, assortie d'un couvre-feu de 22h à 6h, ainsi qu'à 100 heures de travaux d'intérêt général.

Peine et conditions

Tamara Lich purge sa peine en milieu communautaire, c'est-à-dire qu'elle n'est pas incarcérée en prison mais doit respecter des conditions strictes imposées par la justice. Elle est assignée à résidence en Alberta, où elle vit sous surveillance, avec l'interdiction de quitter la province sans autorisation préalable. En juillet 2025, elle a demandé au tribunal l'autorisation de voyager à l'étranger pour des raisons professionnelles liées à son travail chez Rebel News, un média conservateur. Ses déplacements prévus incluaient une entrevue en Arizona pour un documentaire, une tournée de promotion de son livre, des interventions publiques et une croisière dans les Caraïbes organisée par Rebel News, servant de collecte de fonds. La juge Heather Perkins-McVey, de la Cour de l'Ontario, a rejeté cette demande le 7 octobre 2025, estimant que ces voyages affaibliraient le caractère punitif (destiné à punir) et dissuasif (destiné à décourager) de sa peine.

Décision de la juge

La juge Perkins-McVey a expliqué que permettre à Tamara Lich de voyager à l'étranger minerait l'objectif de sa peine, qui vise à la sanctionner pour les conséquences de ses actes. Elle a souligné que la notoriété de Lich, liée à son rôle dans le Convoi de la liberté et à son procès, est exploitée commercialement par Rebel News, notamment à travers la vente de produits portant son nom et son image. Son premier livre, retraçant son expérience, et une suite prévue en sont des exemples. La juge a également craint que des voyages à l'étranger, en cas de non-respect des conditions, compliquent l'application de la peine par les autorités canadiennes. Elle a précisé que cette décision ne remettait pas en cause la liberté d'expression de Lich, qui peut toujours écrire, critiquer la justice ou s'exprimer publiquement. La peine actuelle, composée d'une assignation à résidence et de travaux d'intérêt général, est jugée équitable par son avocat, Lawrence Greenspon.

Ce que ça pourrait changer

L'avocat de Tamara Lich, Lawrence Greenspon, a qualifié la décision de la juge de *très réfléchie* et a indiqué qu'elle pourrait continuer à voyager à l'intérieur du Canada pour son travail. Ses déplacements au Canada avaient été suspendus temporairement après une demande de clarification de son agent de surveillance. Depuis, elle a obtenu l'autorisation de se rendre dans d'autres provinces à 13 reprises, dont une escale à Ottawa pour assister à des célébrations organisées par l'ambassadeur des États-Unis au Canada. Greenspon a également mentionné que Lich fait toujours appel de sa condamnation pour méfait. La juge a rappelé que la décision ne reposait pas sur un désaccord avec les opinions de Rebel News, mais uniquement sur l'adéquation entre la peine prononcée et les conditions de son application.

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