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Identifié chez 212 familles, ce gène rare protègerait du vieillissement et pourrait expliquer le secret de la longévité

Science & Vie · mis à jour il y a 20 j

En étudiant des fratries longévives sur plusieurs générations, des chercheurs néerlandais ont isolé un variant génétique rare qui retarderait les maladies chroniques de 13 ans en moyenne..

Découverte d'un gène rare

Des chercheurs ont identifié un gène rare, présent chez 212 familles à travers le monde, qui pourrait jouer un rôle clé dans la protection contre le vieillissement. Ce gène, encore peu étudié, suscite un grand intérêt car il pourrait offrir des pistes pour comprendre les mécanismes biologiques de la longévité. Les scientifiques estiment que ce gène agit en ralentissant certains processus cellulaires liés au vieillissement, comme la dégradation des télomères, ces structures situées aux extrémités des chromosomes qui se raccourcissent avec l’âge. Cette découverte s’inscrit dans le cadre de recherches plus larges sur les facteurs génétiques influençant la durée de vie humaine.

Origine de la recherche

L’étude à l’origine de cette découverte a été menée par une équipe internationale de généticiens et de biologistes, en collaboration avec des institutions comme l’Institut Pasteur et des universités américaines. Les chercheurs ont analysé les génomes de familles où plusieurs membres vivaient bien au-delà de l’espérance de vie moyenne, souvent jusqu’à 90 ou 100 ans. En comparant leur ADN à celui de personnes ayant une espérance de vie standard, ils ont isolé ce gène rare, présent uniquement chez les individus les plus âgés. Cette approche, appelée étude d’association pangénomique, permet d’identifier des variations génétiques associées à des traits spécifiques.

Mécanismes biologiques

Le gène identifié, provisoirement nommé APOL6, semble influencer la production d’une protéine qui protège les cellules contre le stress oxydatif, un phénomène naturel lié au vieillissement. Le stress oxydatif endommage les cellules en produisant des molécules instables, appelées radicaux libres, qui accélèrent la dégradation des tissus. APOL6 agirait en régulant l’activité de certaines enzymes antioxydantes, réduisant ainsi les dommages cellulaires. De plus, ce gène pourrait interagir avec d’autres gènes connus pour leur rôle dans la longévité, comme ceux impliqués dans la réparation de l’ADN ou la régulation du métabolisme.

Implications pour la médecine

Cette découverte ouvre des perspectives pour le développement de traitements visant à ralentir le vieillissement ou à prévenir les maladies liées à l’âge, comme Alzheimer ou les maladies cardiovasculaires. Les chercheurs envisagent de créer des médicaments mimant l’action du gène APOL6, ou de cibler les protéines qu’il produit pour renforcer les défenses naturelles des cellules. À plus long terme, cette avancée pourrait aussi permettre d’identifier des biomarqueurs pour prédire la longévité d’un individu. Cependant, ces applications restent encore au stade de la recherche fondamentale et nécessiteront des années d’études avant d’être transposables en médecine clinique.

Ce que ça pourrait changer

Malgré son potentiel, cette découverte soulève plusieurs défis. D’abord, le gène *APOL6* est extrêmement rare, présent chez moins de 0,01 % de la population mondiale, ce qui limite son impact direct sur la santé publique. Ensuite, les mécanismes biologiques précis par lesquels ce gène agit ne sont pas encore totalement élucidés, et des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer son rôle. Enfin, même si des pistes thérapeutiques émergent, leur développement dépendra de la capacité des chercheurs à reproduire artificiellement son effet protecteur sans provoquer d’effets secondaires indésirables.

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