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Géopolitique

À Cornell et sur les autres campus américains, l’éternel retour de la “culture du viol”

Courrier International · mis à jour il y a 18 j

L’affaire du viol en réunion de l’université Cornell n’est que le dernier épisode en date d’une histoire bien trop longue d’agressions sexuelles sur les campus américains. Les mentalités ont beau changer, la “culture du viol” demeure, notamment au sein des fraternités étudiantes, souligne la journaliste Susan Dominus dans les colonnes du “New York Times Magazine”..

Affaire Cornell 2026

En octobre 2026, l’université Cornell, située dans l’État de New York aux États-Unis, est au cœur d’une affaire d’agression sexuelle en réunion impliquant plusieurs étudiants. L’incident s’est produit lors d’une soirée organisée dans une fraternité étudiante, un lieu traditionnel de rassemblement pour les étudiants américains. Les faits rappellent des schémas récurrents : consommation d’alcool et de drogues, isolement dans une chambre à l’étage, et contexte festif typique des campus. Une étudiante a porté plainte, dénonçant une agression collective. L’affaire a déclenché une vague de protestations sur le campus, où des étudiantes ont manifesté avec des pancartes portant des messages comme « Je ne veux pas aller à l’école avec des violeurs ». Le procureur en charge du dossier a été critiqué pour son apparente désinvolture, ce qui a alimenté la colère des manifestants et des associations féministes.

Culture du viol

L’article évoque le concept de « culture du viol », une expression utilisée pour décrire un environnement social où les agressions sexuelles sont normalisées, minimisées ou tolérées. Aux États-Unis, ce phénomène est particulièrement présent dans les fraternités étudiantes, des associations masculines souvent associées à des comportements sexistes et à une culture de l’impunité. Les fraternités, très influentes dans les universités américaines, sont régulièrement pointées du doigt pour leur rôle dans la propagation de cette culture. Les victimes d’agressions sexuelles sur les campus dénoncent souvent un manque de protection de la part des autorités universitaires et judiciaires, ainsi qu’une tendance à blâmer les victimes plutôt qu’à sanctionner les agresseurs. Le mouvement #MeToo, né en 2017, a mis en lumière ces problèmes, mais selon l’article, la « culture du viol » persiste malgré les avancées législatives et les campagnes de sensibilisation.

Réactions et enjeux

L’affaire de Cornell a relancé le débat sur la sécurité des étudiantes dans les universités américaines. Les réactions des autorités locales et des responsables universitaires sont scrutées, car elles illustrent souvent les limites des mesures mises en place pour lutter contre les violences sexuelles. Les manifestantes demandent des changements structurels : formation obligatoire des étudiants et du personnel, politiques de tolérance zéro envers les agresseurs, et transparence dans le traitement des plaintes. Cependant, l’article souligne un sentiment de déjà-vu : malgré les scandales répétés, les solutions concrètes tardent à venir. Les fraternités, protégées par leur statut d’associations privées et leur influence sociale, restent un bastion difficile à faire évoluer. Les victimes, elles, continuent de subir une double peine : celle de l’agression, puis celle de l’indifférence ou de la suspicion.

Ce que ça pourrait changer

Les États-Unis sont régulièrement confrontés à des affaires d’agressions sexuelles sur les campus, un problème structurel qui dépasse le cadre des universités. Selon des études citées dans l’article, une étudiante sur cinq serait victime d’une agression sexuelle pendant ses études. Les universités sont sous pression pour améliorer leur réponse à ces violences, mais les progrès sont lents. En 2026, le pays reste divisé entre les avancées législatives, comme le *Title IX* (une loi fédérale interdisant les discriminations fondées sur le sexe dans les établissements éducatifs), et les résistances culturelles, notamment dans les milieux conservateurs et au sein des fraternités. L’affaire de Cornell s’inscrit dans ce contexte, où les promesses de changement se heurtent à la réalité d’un système encore profondément ancré dans des normes patriarcales.

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