De grandes entreprises occidentales laissent tomber ChatGPT et Claude, jugés trop chères, pour des IA chinoises moins coûteuses
DoorDash, Airbnb et Siemens ne jurent plus que par les modèles d'IA chinois. Ces entreprises américaines et européennes tournent le dos aux géants qu'elles finançaient encore hier.
En 2026, plusieurs grandes entreprises occidentales, principalement basées aux États-Unis et en Europe, ont décidé de réduire leur utilisation des intelligences artificielles (IA) développées par des acteurs occidentaux comme ChatGPT (créé par OpenAI) et Claude (développé par Anthropic). Ces entreprises, dont les noms ne sont pas précisés dans l'article, jugent ces solutions trop coûteuses pour leurs besoins. Elles se tournent désormais vers des alternatives chinoises, moins onéreuses, pour intégrer des fonctionnalités d'IA dans leurs produits ou services. Ce basculement reflète une tendance économique où le critère du prix devient un facteur décisif dans le choix des technologies, même pour des outils aussi stratégiques que les IA génératives.
Les entreprises occidentales se tournent vers des IA développées par des entreprises chinoises, comme Baidu avec son modèle Ernie ou Alibaba avec Tongyi Qianwen. Ces solutions sont présentées comme moins chères que leurs équivalents occidentaux, avec des coûts pouvant être jusqu'à 30 à 50 % inférieurs selon les cas d'usage. Cette différence de prix s'explique par plusieurs facteurs : des coûts de main-d'œuvre moins élevés en Chine, des subventions gouvernementales importantes pour le secteur technologique, et une stratégie agressive de pénétration des marchés internationaux. Les entreprises chinoises ciblent notamment les marchés européens et américains, où la demande en IA abordable est forte.
Le choix des entreprises occidentales de privilégier des IA chinoises moins chères s'inscrit dans un contexte de pression économique accrue. Depuis 2024, les coûts des abonnements aux modèles d'IA générative occidentaux ont augmenté, parfois de manière significative, en raison de la hausse des prix de l'énergie, des coûts de calcul (notamment liés aux centres de données) et de la demande croissante. Par exemple, les tarifs de ChatGPT pour les entreprises ont été révisés à la hausse en 2025, poussant les utilisateurs à chercher des alternatives. Les entreprises chinoises, soutenues par des politiques locales favorables, proposent des modèles plus accessibles, ce qui les rend attractives pour des budgets serrés.
Ce déplacement des entreprises occidentales vers des IA chinoises pourrait avoir plusieurs conséquences. D'une part, il risque d'affaiblir les acteurs occidentaux comme OpenAI ou Anthropic, qui pourraient perdre des parts de marché et des revenus. D'autre part, il pourrait renforcer la position des entreprises chinoises sur la scène internationale, notamment en Europe, où la demande en solutions technologiques abordables est forte. Enfin, cette tendance soulève des questions géopolitiques, car elle pourrait accentuer la dépendance des entreprises occidentales vis-à-vis de technologies développées en Chine, un pays avec lequel les relations commerciales sont parfois tendues.
Malgré leur attractivité économique, les IA chinoises soulèvent des questions quant à leur fiabilité, leur éthique et leur conformité avec les réglementations occidentales. Par exemple, les entreprises chinoises sont soumises à des lois locales qui peuvent imposer des restrictions sur le partage de données ou l'accès aux serveurs, ce qui pose des défis en termes de confidentialité. De plus, certaines entreprises occidentales hésitent à adopter ces solutions par crainte de dépendre de fournisseurs étrangers, surtout dans des secteurs sensibles comme la santé ou la finance. Enfin, la qualité des réponses générées par ces IA, bien que souvent comparable, peut varier selon les cas d'usage.

