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Généraliste

Renouveler la démocratie, voilà le projet de société dont le Québec a besoin

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Nous pouvons rendre la participation citoyenne à la vie publique plus agile, efficace et significative..

Démocratie québécoise en question

La démocratie au Québec ne se limite pas aux élections, mais englobe aussi la capacité des citoyens à influencer les décisions entre les scrutins, à exiger des comptes de leurs représentants et à s’assurer que les règles s’appliquent équitablement à tous. Selon les autrices Malorie Flon et Odette McCarthy, ainsi que les quinze autres signataires de cette lettre, cette démocratie est aujourd’hui menacée. Elles citent notamment l’autoritarisme croissant aux États-Unis et le déclin de la confiance envers les institutions publiques comme signes d’alerte. Un phénomène particulièrement préoccupant concerne les jeunes Québécois, qui perçoivent souvent la démocratie comme un système complexe, abstrait et déconnecté de leur quotidien. Les autrices soulignent que 50 % des jeunes interrogés dans le cadre d’activités de l’Institut du Nouveau Monde et d’Equitas peinent à saisir son essence. Cette méconnaissance s’accompagne d’un désengagement croissant, alors que la démocratie repose sur la participation active des citoyens pour fonctionner efficacement.

Trois piliers de réforme

Pour revitaliser la démocratie québécoise, les autrices proposent une stratégie nationale articulée autour de trois piliers. Le premier pilier vise à protéger l’intégrité et l’accès à l’information en encadrant les technologies disruptives (comme les algorithmes des réseaux sociaux ou les deepfakes) et en renforçant l’éducation aux médias et à l’information. Le second pilier porte sur la transparence gouvernementale et la participation publique, avec pour objectif de moderniser les interactions entre les institutions et les citoyens. Contrairement aux idées reçues, les autrices insistent sur le fait que le dialogue et la participation publique ne ralentissent pas les projets, mais les rendent plus durables et mieux alignés sur les besoins de la population. Enfin, le troisième pilier concerne la vitalité citoyenne et l’éducation civique, avec un investissement accru pour promouvoir les valeurs démocratiques et mobiliser les jeunes. Les autrices suggèrent d’adopter un programme similaire au Programme de soutien à la mission des organismes environnementaux, mais dédié aux organismes de protection de la démocratie.

Projet fédérateur et rassembleur

Renouveler la démocratie est présenté comme un projet de société capable de rassembler l’ensemble de la population québécoise, quels que soient les clivages politiques ou géographiques. Les autrices soulignent que cette initiative pourrait renforcer la résilience civique, améliorer le climat politique en réduisant les affrontements partisans, et revaloriser le rôle des élus. Elle permettrait également de restaurer la confiance dans les institutions et de mobiliser davantage les jeunes ainsi que les nouveaux arrivants. Pour concrétiser cette vision, les autrices appellent les candidats aux élections à s’engager sur une proposition simple : adopter une stratégie nationale de protection de la démocratie. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte électoral où les partis cherchent à convaincre un électorat indécis, alors que la confiance dans les institutions publiques est en déclin. Les autrices citent des exemples d’organismes signataires, comme l’Institut du Nouveau Monde, Equitas, Oxfam-Québec ou Votepour.ca, qui apportent leur expertise à ce projet.

Ce que ça pourrait changer

Les bénéfices d’une stratégie nationale de protection de la démocratie seraient multiples, selon les autrices. D’abord, elle renforcerait la résilience civique en dotant les citoyens d’outils pour participer activement à la vie publique. Ensuite, elle améliorerait le climat politique en favorisant l’écoute, la collaboration et le dialogue plutôt que les confrontations partisanes. Elle permettrait aussi de revaloriser le rôle des personnes élues en les incitant à rendre des comptes et à interagir de manière transparente avec la population. Enfin, cette stratégie contribuerait à restaurer la confiance dans les institutions et à mobiliser davantage les jeunes ainsi que les nouveaux arrivants, en leur montrant concrètement l’impact de leur engagement. Les autrices estiment que ces mesures pourraient transformer la démocratie québécoise en un système plus agile, efficace et significatif pour tous les citoyens.

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