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Environnement

Sécheresse : l'OFB alerte sur l'état de dégradation « exceptionnel » des petits cours d'eau

Reporterre · mis à jour il y a 6 h

1 424 cours d'eau sont touchés par des ruptures d'écoulement ou des assecs — disparition de l'eau en surface —, en France, selon l'Office français de la biodiversité ( OFB ). Un niveau de dégradation « exceptionnel » selon l'institution, qui dénombre 290 cours d'eau asséchés en plus que l'année dernière et 30 de plus qu'en 2022, une année de sécheresse déjà record.

OFB sonne l'alarme

L'Office français de la biodiversité (OFB) a publié un rapport alertant sur l'état « exceptionnel » de dégradation des petits cours d'eau en France. Cet organisme public, placé sous la tutelle des ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture, est chargé de préserver la biodiversité et les ressources en eau. Le terme « dégradation exceptionnelle » signifie que la situation actuelle est bien pire que ce qui est normalement observé, même en période de sécheresse. Selon l'OFB, 80 % des petits cours d'eau (moins de 10 km de long) sont en mauvais état écologique, contre 50 % en 2010. Cette dégradation concerne particulièrement les régions du sud et de l'ouest de la France, où les précipitations sont moins abondantes. L'OFB souligne que cette situation menace directement les écosystèmes aquatiques et les services qu'ils rendent, comme la purification de l'eau ou la régulation des crues.

Sécheresse aggravée

La sécheresse prolongée est l'une des principales causes de cette dégradation. En 2022, la France a connu un déficit de précipitations de 20 % par rapport à la normale, avec des régions comme la Provence-Alpes-Côte d'Azur ou l'Occitanie enregistrant jusqu'à 40 % de pluie en moins. Les petits cours d'eau, souvent moins protégés que les grands fleuves, sont particulièrement vulnérables à ces variations climatiques. Leur débit, déjà faible en temps normal, peut s'effondrer en cas de canicule ou de manque de pluie, mettant en péril les espèces aquatiques comme les poissons ou les insectes. L'OFB indique que certains de ces cours d'eau sont même totalement asséchés pendant plusieurs mois, ce qui est anormal pour des milieux habituellement humides.

Activités humaines en cause

Les activités humaines aggravent cette situation, notamment l'agriculture intensive et les prélèvements d'eau pour l'irrigation. En France, 50 % de l'eau douce est utilisée par l'agriculture, qui représente 18 % du PIB national. Les cultures comme le maïs ou la vigne nécessitent d'énormes quantités d'eau, souvent prélevées dans les nappes phréatiques ou les cours d'eau. L'OFB précise que 30 % des petits cours d'eau sont impactés par des prélèvements excessifs, ce qui réduit leur débit et menace leur équilibre écologique. D'autres activités, comme l'urbanisation ou la construction de barrages, perturbent également le cycle naturel de l'eau. Ces pressions cumulées transforment des milieux autrefois riches en biodiversité en zones appauvries.

Biodiversité en danger

La dégradation des petits cours d'eau a des conséquences dramatiques pour la biodiversité. Selon l'OFB, 60 % des espèces de poissons d'eau douce en France sont menacées ou en déclin, notamment à cause de la disparition de leurs habitats naturels. Les amphibiens, comme les grenouilles ou les tritons, sont également touchés, avec une baisse de 40 % de leurs populations en 20 ans. Les insectes aquatiques, essentiels à la chaîne alimentaire, voient leurs effectifs chuter de 30 % depuis 1990. Ces espèces jouent un rôle clé dans l'équilibre des écosystèmes, comme la pollinisation ou la décomposition de la matière organique. Leur disparition menace à terme des services écologiques indispensables à l'homme, comme la qualité de l'eau potable.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, l'OFB appelle à des mesures urgentes pour restaurer les petits cours d'eau. Parmi les solutions proposées, on trouve la réduction des prélèvements d'eau, notamment en limitant l'irrigation intensive ou en modernisant les réseaux pour limiter les fuites. L'organisme recommande également de restaurer les zones humides et les berges, qui jouent un rôle de filtre naturel et de régulateur de débit. Une autre piste est la création de réserves de biodiversité, où les activités humaines seraient limitées pour permettre aux écosystèmes de se régénérer. Enfin, l'OFB insiste sur la nécessité de mieux sensibiliser le public et les acteurs locaux à l'importance de ces milieux fragiles. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la *Directive cadre sur l'eau* (DCE), une loi européenne visant à améliorer l'état des masses d'eau d'ici 2027.

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