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Généraliste

Le «bouclier» tarifaire de Fréchette attaqué de toutes parts par ses rivaux électoraux

Le Devoir · mis à jour 8 sept.

Ses adversaires politiques l’apparentent plutôt à un coup d’épée dans l’eau..

Contexte tarifaire

La première ministre sortante du Québec, Christine Fréchette, fait face à une situation économique tendue en raison de l'entrée en vigueur de contre-tarifs imposés par le Canada aux États-Unis. Ces mesures, annoncées par Washington, visent à protéger les entreprises américaines face à des importations jugées concurrentielles. Pour riposter, le gouvernement canadien a adopté des tarifs de rétorsion contre des produits américains, une stratégie appelée bouclier tarifaire. Christine Fréchette a présenté mardi une série de mesures pour soutenir les entreprises québécoises, dont un fonds de 1,5 milliard de dollars d'ici janvier 2025. Elle compare cette situation à un rapport de force avec un intimidateur, évoquant deux options : céder ou résister. Les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur dimanche, alors que la campagne électorale québécoise bat son plein pour les élections de 2026.

Mesures québécoises

Christine Fréchette a détaillé mardi des mesures concrètes pour protéger l'économie québécoise. Le gouvernement suspendra la règle du plus bas soumissionnaire dans les appels d'offres publics, réservant certains contrats aux entreprises ayant un établissement au Québec ou au Canada. Trois ministères (Transports, Santé Québec et Société québécoise des infrastructures) exigeront qu'au moins 15 % de la valeur des matériaux et équipements utilisés dans des projets de construction de moins de 9,2 millions de dollars provienne du Québec ou du Canada. Le gouvernement mise aussi sur une campagne de sensibilisation invitant les Québécois à augmenter leurs achats de 25 $ par semaine auprès d'entreprises locales. Ces mesures visent à créer un bouclier économique, mais leurs adversaires politiques les jugent insuffisantes ou mal adaptées.

Réactions politiques

Les rivaux politiques de Christine Fréchette ont vivement critiqué son bouclier tarifaire. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, a publié une déclaration de 1200 mots qualifiant la réponse du Canada de drapeaux rouges pour l'économie québécoise. Il dénonce notamment le fait qu'Ottawa n'aurait pas suffisamment tenu compte des demandes du Québec. Charles Milliard, chef libéral, accuse Fréchette d'instrumentaliser une crise à des fins politiques. Éric Duhaime, chef conservateur, qualifie le plan de mesurette et prône une approche plus conciliante avec les États-Unis, rappelant que son parti est libre-échangiste. Québec solidaire propose quant à lui un fonds de 2 milliards de dollars sur deux ans, appelé provision Trump, pour soutenir les entreprises. Un sondage Léger-Le Journal-TVA place le Parti québécois en tête avec 29 % d'intentions de vote, devant la Coalition avenir Québec (23 %).

Rôle d'Ottawa

Le gouvernement fédéral canadien joue un rôle central dans cette crise tarifaire. Ottawa a ajouté des mesures spécifiques, comme des tarifs sur les fils de cuivre, à la demande du Québec avant le 26 août 2024. Cependant, Christine Fréchette a reconnu mardi que la liste des contre-tarifs n'avait pas évolué depuis cette date, malgré ses demandes de précisions. Son entourage précise que ces demandes concernaient en réalité un programme de remise tarifaire fédéral en vigueur depuis 2025. Le gouvernement Trudeau minimise l'influence du Québec sur la liste des contre-tarifs, ce qui a mis Fréchette sur la sellette. Cette situation a relancé les tensions entre les deux paliers de gouvernement en pleine campagne électorale.

Ce que ça pourrait changer

Malgré la crise tarifaire, la campagne électorale se poursuit activement. Christine Fréchette a repris sa tournée en autobus, s'arrêtant à La Tuque pour promouvoir un *grand chantier national* sur l'avenir de la forêt. Paul St-Pierre Plamondon a maintenu son focus sur les tarifs, tandis que Charles Milliard a axé son discours sur l'éducation. Les chefs politiques se retrouveront mercredi soir à Québec pour le premier débat télévisé de la saison, intitulé *Cinq chefs, une élection*, diffusé sur Radio-Canada. Cette émission marquera le début d'une série de débats qui pourraient faire évoluer les intentions de vote avant le scrutin de 2026. Les thèmes économiques, dont les tarifs, resteront au cœur des discussions.

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