Pour la parité au plus haut niveau
Le nouveau premier ministre a le pouvoir de nommer un Conseil des ministres paritaire; le Québec le mérite..
Le Québec a élu un nouveau Parlement comptant environ 45 % de femmes, un résultat proche de la parité (entre 45 % et 55 %). Bien que ce chiffre représente un léger recul par rapport à la législature précédente, il reste dans une zone acceptable selon plusieurs partenaires. Ce pourcentage montre une avancée significative en matière de représentation féminine en politique, mais les autrices soulignent que l’objectif suivant est d’atteindre la parité au sein du Conseil des ministres, l’organe exécutif qui dirige le gouvernement. Le texte invite le nouveau premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, à nommer un gouvernement équilibré entre femmes et hommes dès sa prise de fonction.
L’article explique que former un Conseil des ministres paritaire n’est plus un défi insurmontable, contrairement à il y a quelques années. Aujourd’hui, les femmes élues sont nombreuses, issues de divers milieux et compétentes. Leur expérience et leur volonté de contribuer au développement du Québec sont reconnues. L’exemple de la loi sur la parité dans les sociétés d’État (entreprises publiques) prouve que cette parité est réalisable lorsque la volonté politique est claire. Les autrices insistent sur le fait que cette mesure relève d’un choix stratégique, et non d’une contrainte technique.
La parité au plus haut niveau est justifiée par deux arguments principaux. D’abord, elle permet une représentation fidèle de la population, composée à plus de 50 % de femmes. Ensuite, elle apporte une perspective unique dans l’élaboration des politiques publiques. Les femmes, longtemps exclues de l’espace public, ont introduit des enjeux spécifiques comme l’analyse différenciée selon les sexes (ADS), une méthode qui évalue l’impact des politiques sur les femmes et les hommes. Cette approche, adoptée par le Québec après le Sommet mondial des femmes à Beijing en 1995, est jugée essentielle pour aborder des sujets comme la santé, l’éducation ou l’itinérance.
Le texte s’adresse directement à Paul St-Pierre Plamondon, nouveau premier ministre du Québec, pour l’encourager à nommer un Conseil des ministres paritaire. Les autrices rappellent qu’il a le pouvoir de le faire et que le Québec mérite cette avancée. Elles soulignent que cette décision serait historique et renforcerait la singularité du Québec sur la scène internationale. Le premier ministre a la possibilité d’écrire un chapitre important de l’égalité entre les femmes et les hommes en agissant ainsi dès le début de son mandat.
Le texte est signé par le *Comité des femmes ex-parlementaires*, un groupe composé d’anciennes élues qui militent pour l’égalité en politique. Elles rappellent que le Québec a progressé en matière de représentation féminine, mais que l’étape suivante consiste à appliquer cette parité au niveau exécutif. Leur appel s’inscrit dans une logique d’égalité des chances et de diversité des voix dans les décisions publiques. Le texte a été publié le 20 octobre 2026 dans la section *Libre opinion* du journal *Le Devoir*.

